L'importance de la nature

Au Canada et dans le monde, on insiste de plus en plus sur l'importance d'établir la valeur des biens et des services qu'offrent la biodiversité et les écosystèmes sains. Nous dépendons de ces « services écosystémiques » ou « biens et services écologiques » (BSE) pour maintenir notre économie, notre sécurité, notre santé et notre bien-être. Comprendre leur valeur sociale et économique aide les décideurs à faire des choix mieux éclairés afin de favoriser des collectivités et des environnements sains. Historiquement, la valeur de la majorité des services écosystémiques n'a pas été incluse dans les mesures de bien-être économique, par exemple le produit intérieur brut (PIB), parce que ces services n'ont pas été systématiquement mesurés. Aujourd'hui, il est généralement reconnu que ces services écosystémiques sont le pilier fondamental de notre économie.

Couverture du Évaluation des écosystèmes pour le millénaire

Évaluation des écosystèmes
pour le millénaire

L'Évaluation des écosystèmes pour le millénaire (EM) est une série de rapports rigoureux produits par les Nations Unies en 2005 qui définissent clairement et évaluent ces services écosystémiques à l'échelle mondiale.

Dans l'EM, les services écosystémiques sont classés en quatre catégories :

  1. Fournir des services - les biens matériels que la nature procure comprennent la nourriture, le combustible, la fibre, les ressources génétiques, les produits biochimiques, l'eau douce, les médicaments naturels et les produits pharmaceutiques.
  2. Réguler les services - des écosystèmes qui fonctionnent bien régulent le climat et la composition de l'atmosphère, notamment grâce au stockage de carbone. Ils contribuent à la purification des sources d'eau naturelle, au traitement des déchets, à la pollinisation des cultures, au contrôle de l'érosion du sol et à l'atténuation des risques naturels ainsi que ceux liés aux maladies et aux animaux.
  3. Services culturels - des écosystèmes sains contribuent au bien-être des humains en répondant à leurs besoins spirituels, esthétiques, patrimoniaux, éducatifs et récréatifs.
  4. Services de soutien - des fonctions de soutien sont sous-jacentes aux biens et services, notamment la photosynthèse, la pédogénèse (formation du sol), la production primaire et le cycle des nutriments.
Rivières et ruisseaux
Photo : © Environnement Canada

L'EM a démontré que 60 % des services écosystémiques de la Terre sont dégradés et utilisés dans un contexte de développement non durable. Des écosystèmes dégradés sont incapables de fournir les services desquels nous dépendons, notamment de l'air sain et de l'eau propre. Des scientifiques et économistes environnementaux ont expliqué qu'il est nécessaire de documenter la valeur des services écosystémiques fournis à la société humaine et d'inclure cette valeur dans les décisions économiques et environnementales. En bout de ligne, les décisions devraient garantir la disponibilité continue des services écosystémiques cruciaux grâce à la conservation et l'utilisation durable des ressources naturelles de la Terre.

 

Diversité biologique, fonctionnement des écosystèmes, services fournis par les écosystèmes et facteurs de changement

Diversité biologique, fonctionnement des écosystèmes, services fournis par les écosystèmes et facteurs de changement
Description longue pour la figure 1.1

 

Appréciation de la nature – Description longue

Diversité biologique, fonctionnement des écosystèmes, services fournis par les écosystèmes et facteurs de changement

Perspectives mondiales de biodiversité 2. Secrétariat de la CDB 2006, Fig. 1.1

Document source : Appréciation de la nature

Le diagramme consiste en six boîtes disposées dans un carré. Des flèches mènent de l’une à l’autre et représentent un cycle continu d’influence. En bref, la biodiversité est montrée comme essentielle au bon fonctionnement des écosystèmes, qui produisent des avantages qu’on appelle les biens et services des écosystèmes, et qui sont nécessaires au soutien de la vie et du bien-être de l’être humain. Toutefois, les fonctions de biodiversité et d’écosystème subissent toutes deux les conséquences directes et indirectes de nombreuses activités humaines qui ont le potentiel de détruire et de réduire les services sur lesquels comptent les êtres humains. Cela fait ressortir l’importance de gérer les causes de changement de façon à réduire ou atténuer leurs impacts nuisibles sur la nature et, par extension, leurs impacts nuisibles sur l’être humain et ses moyens de subsistance.

En détail,  en bas à gauche se trouve la plus grosse boîte, elle est marquée Biodiversité et elle contient une liste de mots pour la décrire : nombre, abondance relative, composition, interactions. Ces mots désignent toute la vie au niveau des gènes, des espèces et des écosystèmes, et ils constituent la biodiversité.

Une flèche va de la boîte Biodiversité à une boîte marquée Fonctions de l’écosystème, ce qui indique que le sain fonctionnement des écosystèmes est tributaire de la biodiversité.

Ces deux boîtes ont aussi des flèches qui mènent vers la droite à une plus grosse boîte marquée Biens et services de l’écosystème. Cette grosse boîte énumère les quatre catégories de services qui sont produits par les écosystèmes qui fonctionnent sainement, comme l’indiquent une série de rapports des Nations Unies intitulés « Évaluation des écosystèmes pour le millénaire ».

1. Biens (aussi connus  sous l’expression fourniture de services) comprennent les aliments, la fibre et le combustible, la fibre, les ressources génétiques, les produits biochimiques, l'eau douce, 

2. Services culturels, y compris les valeurs spirituelles et religieuses, les systèmes de savoir, l’éducation et l’inspiration, et les valeurs récréatives et esthétiques,

3. Services de régulation : résistance aux invasions, action des phytophages, pollinisation, dispersion des grains, régulation du climat, régulation des ravageurs, protection contre les risques naturels, régulation de l’érosion, et purification des eaux, et

4. Services d’appui  (qui sous-tendent tous les autres) : la production primaire, la fourniture d’un habitat, le cycle des nutriments, la formation et la rétention du sol, la production d’oxygène atmosphérique et le cycle des eaux.

De la boîte de service de l’écosystème, une flèche pointe vers une boîte marquée Bien-être humain, lequel est composé d’éléments matériels indispensables à une existence satisfaisante, de la santé, de la sécurité, de relations sociales satisfaisantes, de la liberté de choix et d’action.  Cela laisse entendre que les services de l’écosystème rendent possibles la vie et le bien-être humains.

Si nous suivons la flèche vers la gauche qui part de la boîte Bien-être humain, nous voyons une boîte marquée Causes indirectes du changement. Ce sont des causes démographiques, économiques, sociopolitiques, scientifiques et technologiques, et culturelles et religieuses. De cette boîte, une flèche pointe vers la boîte Bien-être humain, indiquant là encore une relation dans laquelle les deux s’influencent l’un l’autre. Une autre flèche de la boîte des causes indirectes pointe vers le bas vers la boîte Causes directes du changement, laquelle est aussi en relation avec le Bien-être humain, et comprend les changements climatiques, les charges en éléments nutritifs, la modification de l’affectation des terres, l’introduction d’espèces et la surexploitation.

Les causes directes sont montrées par des flèches qui attaquent la biodiversité et, par extension, les fonctions de l’écosystème.

Retour à la figure 1.1

 

La diversité biologique est influencée par des facteurs de changement et est elle-même un facteur qui intervient dans la modification du fonctionnement des écosystèmes. Elle contribue directement et indirectement à la prestation des biens et services que fournissent les écosystèmes.

Perspectives mondiales de biodiversité 2. Secrétariat de la CDB 2006, Fig. 1.1