Zones marines

Retournez à la table des matières

Changements dans l’environnement physique

La température de la mer, la salinité, la configuration des vents et la circulation océanique ont des répercussions importantes sur la biodiversité marine. Par exemple, la composition des communautés de zooplancton et plusieurs tendances relatives aux poissons sont liées à des signes du réchauffement climatique à grande échelle dans l’océan Pacifique, tels l’oscillation australe El Niño et l’oscillation décennale du Pacifique5.

Température de la mer, plateaux de Terre-Neuve et du Labrador
Température moyenne annuelle en °C, de 1950 à 2005
Graphe : Température de la mer, plateaux de Terre-Neuve et du Labrador. Cliquez pour obtenir une description du graphique (nouvelle fenêtre).
Description longue pour Température de la mer, plateaux de Terre-Neuve et du Labrador

Ce graphique montre les températures de la mer mesurées près de Terre-Neuve (Bonavista) et du Labrador (île Seal), de 1950 à 2005. Les températures sont demeurées très semblables dans les deux localités, fluctuant de plus ou moins 2 degrés Celsius, sans tendance nette jusqu’en 1990. Les deux localités ont connu un maximum d’environ 3 degrés Celsius en 1965 et des minimums d’environ 1 degré Celsius en 1984 et en 1990. Après 1990, la température a augmenté de manière constante dans les deux localités et a atteint près de 3 degrés Celsius en 2005.

 

Source : Pêches et Océans Canada (MPO), 20077.
Température de la mer, la côte du Pacifique
Température moyenne annuelle en °C, jusqu’en 2006
Trois graphiques : Température de la mer, la côte du Pacifique. Cliquez pour obtenir une description du graphique (nouvelle fenêtre).
Description longue pour Température de la mer, la côte du Pacifique

Cette série de graphiques montre la température annuelle moyenne de la mer dans trois localités de la côte du Pacifique, en Colombie-Britannique. Chaque graphique indique l’évolution de la température moyenne annuelle, de 1961 à 1991, de part et d’autre d’une ligne horizontale représentant la température moyenne de la mer pour l’ensemble de la période étudiée. Dans la première localité, l’île Langara, sur la côte nord du détroit d’Hécate, la température moyenne de la mer a été à peine inférieure à 9 degrés Celsius. Dans la deuxième localité, la pointe Amphitrite, sur la côte ouest de l’île de Vancouver, la température moyenne de la mer a été de 10,5 degrés Celsius. Dans la troisième localité, la baie Departure, dans le détroit de Georgia, la température moyenne de la mer a été de 11,4 degrés Celsius. Dans les trois localités, la température de la mer est demeurée inférieure à la moyenne la plupart des années jusqu’en 1978 (sauf pour quelques années plus chaudes regroupées près de 1940), tandis que la température de la mer a été supérieure à la moyenne la plupart des années après 1978.

 

Remarque : La ligne horizontale représente la température moyenne de la période de référence, de 1961 à 1991.
Source : Adapté de Pêches et Océans Canada (MPO), 20105.

La température moyenne à la surface de la mer a augmenté dans plusieurs écozones+ :

  • de 1978 à 2006, sur la côte nord, dans le détroit d’Hécate et sur la côte ouest de l’île de Vancouver, à la suite d’une période de 25 ans où l’eau de surface était plus froide, bien que les années 2007 et 2008 aient été plus froides que la moyenne;6
  • depuis les années 1970 dans la mer de Beaufort;
  • depuis la fin des années 1970, dans l’archipel Arctique canadien, ainsi que dans la baie d’Hudson, la baie James et le bassin Foxe;
  • depuis le début des années 1990, sur le plateau continental de Terre-Neuve et du Labrador;
  • depuis les années 1980, dans le golfe du Saint-Laurent.

L’eau des océans est devenue plus douce (moins salée) au rythme suivant5 :

  • depuis 1978, sur la côte nord et dans le détroit d’Hécate, après une période de 30 ans de salinité élevée;
  • depuis les années 1970, dans la mer de Beaufort, en raison de la fonte de la glace de mer et de l’apport des eaux de l’océan Pacifique et des eaux de surface de l’océan Arctique.

Acidification des océans

Photo : Moules © iStock.com/eddyfish

Lorsque le dioxyde de carbone se dissout dans l’océan, il diminue le pH, rendant l’océan plus acide8. Depuis l’époque préindustrielle, l’acidité des océans a augmenté le pH d’environ 0,1. Cela peut sembler une faible augmentation, mais les effets biologiques des changements mineurs de l’acidité océanique peuvent être graves. Par exemple, un changement de 0,45 dans le pH par rapport à l’époque préindustrielle, tel que celui qu’annoncent les prévisions d’ici la fin du siècle, pourrait avoir des conséquences désastreuses pour les organismes marins qui se construisent un squelette ou une coquille en carbonate de calcium tels que les coraux, les mollusques (huîtres, moules, pétoncles), les crustacés (crabes, crevettes), les échinodermes (étoiles de mer) et de nombreuses espèces de plancton9. Les répercussions devraient se manifester tout d’abord dans les régions polaires10.

L’acidification des océans est déjà en cours dans quatre écozones+ marines : la côte ouest de l’île de Vancouver, la mer de Beaufort, l’estuaire et le golfe du Saint-Laurent, le golfe du Maine et le plateau néo-écossais. Selon les prévisions, ce phénomène devrait se produire dans tous les océans et avoir de graves conséquences pour la biodiversité dès la fin du siècle5.

Raréfaction de l’oxygène dans les eaux marines

Oxygène dissous dans l’estuaire du Saint-Laurent
Pourcentage, de 1930 à 2008
Graphe : Oxygéne dissous dans l’estuaire du Saint-Laurent. Cliquez pour obtenir une description du graphique (nouvelle fenêtre).
Description longue pour Oxygène dissous dans l’estuaire du Saint-Laurent

Ce graphique montre le pourcentage de saturation en oxygène dissous des eaux de l’estuaire du Saint-Laurent, de 1930 à 2008. Une ligne horizontale indique le seuil critique de concentration d’oxygène, correspondant à une saturation de 30 %. Les échantillons prélevés vers le début de la période présentaient rarement un pourcentage inférieur à ce seuil, tandis que ceux prélevés depuis le début des années 1980 jusqu’à la fin des années 2000 présentaient tous un pourcentage bien inférieur au seuil. Depuis 2000, le pourcentage de saturation en oxygène dissous se maintient à environ 20 %. Il n’y a pas de données pour les périodes allant de 1936 à 1959 et du milieu des années 1970 à 1981.

 

Source : Adapté de Dufour et al., 201014.

Des concentrations d’oxygène dangereusement basses ont été observées à certains sites d’échantillonnage dans le golfe et l’estuaire du Saint-Laurent et dans les trois écozones+ du Pacifique. Dans l’estuaire du Saint-Laurent, des conditions de faible teneur en oxygène ont été observées depuis 19845. Les diminutions de la concentration d’oxygène dans la mer sont causées par un certain nombre de facteurs, notamment les changements des modes de circulation océanique, l’apport en eau douce, le réchauffement des températures et l’augmentation de matières organiques sur le plancher océanique. Ces dernières peuvent être dues à une hausse de la production primaire à la surface et aux activités humaines11.

Les effets observés de la faible teneur en oxygène sur la biodiversité dans les eaux canadiennes comprennent la diminution et la mortalité des populations d’animaux des grandes profondeurs et la modification des réseaux trophiques5. Des répercussions ont également été observées à l’échelle mondiale comme la mortalité de poissons et de crabes12, la prévalence accrue des efflorescences de méduses13, les changements dans les voies biochimiques marines qui favorisent certaines espèces par rapport à d’autres11, la création d’obstacles à la dispersion des larves de poissons et de crustacés, qui tolèrent moins bien la faible teneur en oxygène que les adultes11, et la modification des réseaux trophiques11.

Monde

Tendances mondiales

Les zones à faible teneur en oxygène, où les espèces océaniques ne peuvent pas vivre, ont augmenté, à l’échelle mondiale, de près de 5,2 millions de kilomètres carrés depuis les années 196011.
 

Retournez à la table des matières

Réseaux trophiques marins

Photo : Le grand héron © iStock.com/BirdImages

Le plancton est constitué de plantes et d’animaux en suspension dans l’eau, qui se déplacent passivement au gré des courants océaniques. Certaines espèces peuvent atteindre des densités très élevées (jusqu’à 20 millions de cellules par litre) sur des zones très étendues (des milliers de kilomètres carrés), et leurs efflorescences peuvent être observées par satellite. Les plantes, bactéries et algues planctoniques (phytoplancton) constituent la base du réseau trophique marin. Les animaux planctoniques (zooplancton) établissent un lien essentiel entre le phytoplancton dont ils se nourrissent, et les poissons, oiseaux de mer et autres espèces marines, qui les mangent à leur tour2.

Changement saisonnier des efflorescences de zooplancton, détroit de Georgia

Date d’efflorescence maximale
Graphe : Changement saisonnier des efflorescences de zooplancton, détroit de Georgia. Cliquez pour obtenir une description du graphique (nouvelle fenêtre).
Description longue pour Changement saisonnier des efflorescences de zooplancton, détroit de Georgia

Ce graphique montre l’évolution de la date d’efflorescence maximale du zooplancton dans le détroit de Georgia. Des points indiquent les dates annuelles d’efflorescence maximale, et deux lignes montrent les tendances discernables au cours de deux périodes. De 1968 à 1996, la date d’efflorescence maximale est graduellement devenue plus précoce, passant approximativement du 13 mai au 24 avril; ces dates ont été établies par rétrocalcul. De 2002 à 2005, la date d’efflorescence maximale est également devenue plus précoce, de manière constante et plus abrupte que durant la première période, passant approximativement du 7 avril au 10 mars; ces dates ont été établies par observation directe.

 

Source : Adapté de Pêches et Océans Canada (MPO), 20105.

La date et la durée de l’efflorescence maximale de zooplancton ont changé au cours des quarante dernières années dans toutes les écozones+ marines du Pacifique et de l’Atlantique. Par exemple, l’abondance maximale de Neocalanus, l’espèce de zooplancton dominante dans le détroit de Georgia, s’est produite environ 50 jours plus tôt dans les années 2000 que dans les années 1960 à 1970. Cela a créé un décalage entre les petits poissons et le zooplancton qui constitue leur proie. Les jeunes saumons qui entrent dans le détroit au début de la saison, tels que le saumon kéta, le saumon rose et le saumon rouge, ont profité de ce changement, tandis que les espèces qui arrivent tard dans la saison, notamment le saumon chinook et le saumon coho, ont vu leur population diminuer15. Neocalanus a également fortement décliné depuis 2001, et cette diminution en Photo : Harengs dans Saanich Inlet, prédateurs du zooplancton © VENUS, Université de Victoriaabondance pourrait s’accélérer et nuire aux espèces qui en ont besoin pour se nourrir15.

Les efflorescences de phytoplancton au printemps commencent plus tôt, sont plus intenses et durent plus longtemps sur le plateau néo-écossais que dans les années 1960 et 197016.

Déclin du krill dans l’ouest de l’Atlantique nord et sur le plateau Néo-Écossais

Nombre moyen de krills (logarithme x+1) par 3 m3 d'eau de mer filtrée, 1961 à 2008
Graphe : Déclin du krill dans l’ouest de l’Atlantique Nord et sur le plateau néo-écossais. Cliquez pour obtenir une description du graphique (nouvelle fenêtre). Photo : Krill © VENUS, Université de Victoria.
Description longue pour Déclin du krill dans l’ouest de l’Atlantique nord et sur le plateau Néo-Écossais

Ce graphique montre qu’il y a eu un déclin global du nombre moyen de krills (log x+1) par 3 mètres cubes d’eau de mer filtrée, dans l’ouest de l’Atlantique Nord et sur le plateau Néo-Écossais, de 1961 à 2008. Le changement est principalement survenu au cours des dernières années. En 1961, le nombre moyen de krills était de 6,3. Ce nombre a ensuite fluctué d’année en année jusqu’en 1978, atteignant un maximum de 11,6 krills en 1975 et un minimum d’environ 4 krills durant deux années de la période étudiée. Globalement, de 1961 à 1978, l’abondance du krill n’a montré aucune tendance claire. Aucune donnée n’était disponible pour la période 1979-1990. De 1991 à 2008, le nombre moyen de krills a diminué rapidement et constamment, passant d’environ 6 en 1991 à moins de 1 en 2008.

 

Remarque : Aucune donnée disponible pour 1979 à 1990
Source : Adapté de Johns, 201017.

Plusieurs espèces de zooplancton qui jouent un rôle jugé essentiel dans le réseau trophique marin sont en déclin. Les euphausiacés, également appelés krill, dans l’ouest de l’Atlantique Nord et sur le plateau néo-écossais, se nourrissent de phytoplancton aux plus jeunes stades et constituent la proie des jeunes poissons de fond, des espèces de poissons pélagiques et des cétacés à fanons. Leur abondance a diminué entre les années 1960 à 1970 et les années 1990 à 200818.

Tendances des populations de crevettes nordiques et de quatre de leurs prédateurs

Mesures des populations pour chacune des espèces, de 1976 à 2000
Graphique composé : Tendances des populations de crevettes nordiques et leurs prédateurs. Cliquez pour obtenir une description du graphique (nouvelle fenêtre).
Description longue pour Tendances des populations de crevettes nordiques et de quatre de leurs prédateurs

Ces quatre graphiques montrent l’évolution de la population de crevette nordique ainsi que des populations de quatre des prédateurs de cette espèce, de 1976 à 2000. La population de crevette (mesurée en termes de captures par unité d’effort, ou CPUE) a diminué au cours des dix premières années, passant approximativement de 0,5 CPUE en 1976 à 0,2 CPUE en1985. Après 1985, la population a augmenté, atteignant un maximum de 1,0 CPUE en 2000, dernière année pour laquelle ces données sont présentées. Les données visant les quatre prédateurs sont toutes fondées sur des relevés scientifiques. Les populations de trois des prédateurs (trois poissons) ont diminué, tandis que la population de crabe des neiges (invertébré) a augmenté avec celle de crevette nordique.

Voici les faits saillants révélés par chaque graphique :

  1. L’abondance du sébaste a grandement fluctué jusqu’en 1985, atteignant des maximums de plus de 2 tonnes et tombant à des minimums d’environ 0,6 tonne. Après 1985, l’abondance du sébaste est tombée à moins de 0,5 tonne. De 1992 à 2000, elle a baissé jusqu’à un plancher de mesures annuelles égales ou à peine supérieures à zéro. Le graphique montre également l’évolution de la population de crevette; l’abondance de cette espèce a augmenté rapidement durant la période de déclin rapide du sébaste.
  2. L’abondance de la morue franche a fluctué entre 1 et 2,5 tonnes de 1983 à 1991, puis elle est rapidement tombée, et les mesures annuelles sont demeurées près de zéro de 1994 à 2000. Le graphique montre également l’évolution de la population de crevette; l’abondance de cette espèce a augmenté rapidement durant la période de déclin rapide de la morue franche.
  3. L’abondance de la raie a augmenté de 1981 à 1984, atteignant un maximum de près de 15 kilogrammes par trait. La population a ensuite décliné durant les dix années suivantes, tombant à 2 kilogrammes par trait en 1994 puis demeurant à peu près à ce niveau jusqu’en 2000. Le graphique montre également l’évolution de la population de crevette; l’abondance de cette espèce a augmenté rapidement durant la période de déclin rapide de la raie.
  4. L’abondance du crabe des neiges a fluctué au cours de la période de mesure. Dans l’ensemble, les valeurs les plus élevées ont été atteintes après 1990. Avant cette date, les relevés annuels ont donné des mesures se situant entre 3 et 12 kilogrammes par casier. Après 1990, les mesures ont été de 12 à 15 kilogrammes par casier. Le graphique montre également l’évolution de la population de crevette; l’abondance de cette espèce n’a pas diminué comme celle des poissons prédateurs de la crevette.

 

Remarque : Les mesures sont exprimées en captures par unité d’effort (CPUE) pour les crevettes, en tonnes pour la morue et le sébaste, en kilogrammes par trait pour la raie, et en kilogrammes par casier pour le crabe des neiges.
Source : Adapté de Pêches et Océans Canada (MPO), 20105.

Sur les plateaux continental de Terre-Neuve et du Labrador, dans les années 1990, une diminution de l’abondance des poissons de fond s’est accompagnée d’une hausse spectaculaire des populations d’invertébrés tels que les crevettes et les crabes. Une combinaison de plusieurs facteurs a probablement entraîné ces changements dans le réseau trophique marin, notamment la pêche excessive des poissons de fond, le changement des températures de l’eau et la baisse du taux de prédation des invertébrés. En réponse à ce phénomène, la pêcherie commerciale est passée des poissons de fond à des espèces situées à des échelons inférieurs dans le réseau trophique, comme la crevette, le crabe des neiges et, plus récemment, l’holothurie, le buccin et la myxine. L’évolution de la pêcherie d’un échelon trophique supérieur à un échelon inférieur est un phénomène mondial souvent désigné par l’expression « pêche des espèces aux échelons inférieurs de la chaîne alimentaire »5.

Un changement équivalent dans la structure de l’écosystème s’est produit dans l’écozone+ du golfe du Maine et sur le plateau néo-écossais, ainsi que dans le golfe et l’estuaire du Saint-Laurent, entre 1985 et 1990. Cette transition se traduit par une diminution des populations de poissons de fond et de zooplancton et par une augmentation, en parallèle, des populations de phoques, de petits poissons pélagiques et d’invertébrés. Un moratoire sur la pêche commerciale du poisson de fond a été mis en application dans le golfe du Maine et sur le plateau néo-écossais en 1993, mais n’a permis qu’un rétablissement limité de certaines espèces de poisson de fond5.

Régime alimentaire du guillemot de brünnich aux îles Coats et Digges

Graphe : Régime alimentaire du Guillemot de Brünnich aux îles Coats et Digges. Cliquez pour obtenir une description du graphique (nouvelle fenêtre).
Description longue pour Régime alimentaire du guillemot de brünnich aux îles Coats et Digges

Ce graphique montre les pourcentages de saïda franc (morue polaire) et de capelan que comportait le régime alimentaire du guillemot de Brünnich de 1981 à 2007. La composition du régime alimentaire a fluctué d’année en année, la proportion de saïda franc ayant diminué à mesure que celle de capelan a graduellement augmenté. De 1981 à 1990, le saïda franc a dominé le régime alimentaire du guillemot de Brünnich, tandis qu’à compter de 1997 le saïda franc a été remplacé par le capelan comme principale composante du régime. Une carte en médaillon montre où se trouve les îles Coats et Digges au nord de la baie d'Hudson. Une carte en médaillon montre où se trouve les îles Coats et Digges au nord de la baie d'Hudson.

 

Source : Adapté de Gaston et al., 200919.

 

Dans la baie d’Hudson et la baie James, le petit saïda franc (Boreogadus salida) est reconnu comme une espèce clé qui joue un rôle central dans la dynamique du réseau trophique. Le saïda franc constitue un élément majeur du régime alimentaire des oiseaux de mer et des mammifères marins tels que les phoques annelés et les bélugas, même s’il ne semble pas être l’aliment unique d’aucune de ces espèces20. Les populations du saïda franc peuvent être extrêmement abondantes : des densités de 11 kg/m2 de saïda ont été signalées dans la baie Franklin englacée (mer de Beaufort)21.

Le principal aliment des oisillons de Guillemots de Brünnich dans les îles Coats et Digges est passé du saïda franc au capelan au milieu des années 1990. Cette transition reflète un changement dans l’abondance relative du saïda franc et du capelan. À mesure que l’étendue et la durée des glaces de mer déclinent, l’abondance du saïda franc, qui est une espèce associée aux glaces de mer, diminue tandis que les populations de capelan, quiPhoto : Guillemots de Brünnich © Garry Donaldson préfèrent les eaux plus chaudes, augmentent19. Contrairement à la baie d’Hudson, le capelan diminue en pourcentage du régime des guillemots sur les plateaux continentaux de Terre-Neuve et du Labrador19, où l’abondance et la taille des capelans ont diminué22.

Monde

Tendances mondiales

Au cours des cinquante dernières années, on a observé, dans le monde entier, une diminution de la taille des efflorescences de phytoplancton, un changement dans la composition des espèces et une apparition plus précoce de ces efflorescences2.
 

Retournez à la table des matières

Mammifères marins

Les mammifères marins peuvent jouer un rôle dans la structuration des écosystèmes marins en tant que prédateurs d’un échelon trophique supérieur (p. ex., épaulards, bélugas), animaux piscivores (p. ex., otaries, phoques) ou animaux se nourrissant sur le fond (p. ex., loutres de mer, baleines boréales, baleines grises). Toutefois, les effets des mammifères marins sur le fonctionnement des écosystèmes marins sont mal compris. Certains mammifères marins, comme les loutres de mer, sont connus pour être des espèces clés, puisque leur retrait entraîne un changement marqué dans les écosystèmes. Les loutres de mer se nourrissent d’oursins qui, en l’absence de prédation par les loutres de mer, font une consommation excessive de varech.

Photo : Épaulards, côte ouest de l’Île de Vancouver, C.-B. © John Ford, Pêches et Océans Canada

Plusieurs populations de mammifères marins sont en train de se rétablir à la suite de la surexploitation du passé, notamment dans le cas des phoques gris sur le plateau néo-écossais et dans le golfe du Saint-Laurent23, les phoques du Groenland dans le golfe du Maine et le plateau néo-écossais24, les baleines boréales de l’Arctique de l’Ouest dans la mer de Beaufort25, les otaries en Colombie-Britannique et en Alaska26, les loutres de mer5 et le phoque commun du Pacifique27. Les populations résidantes d’épaulards au large des côtes de l’île de Vancouver se sont également rétablies de la surexploitation du passé, mais ont commencé à diminuer au cours des dernières années, probablement en raison de la diminution des populations de saumon chinook, qui constituent une importante source d’alimentation28.

Carte et graphiques : Tendances pour les populations de mammifères marins à divers endroits du Canada. Cliquez pour obtenir une description du graphique (nouvelle fenêtre).
Description longue pour Mammifères marins

Ces graphiques montrent l’évolution des populations de sept espèces de mammifères marins, durant diverses périodes, dans sept localités différentes des côtes canadiennes, dont la position est indiquée sur une carte du Canada se trouvant au centre des graphiques. Globalement, les graphiques montrent que les populations de ces mammifères marins ont augmenté.

Voici les faits saillants révélés par chaque graphique :

  1. Baleine boréale dans la mer de Beaufort, de 1978 à 2001. Au début de la période, la population comptait environ 4 000 individus. Par la suite, elle a généralement augmenté, atteignant un effectif de plus de 10 500 en 2001.
  2. Populations de phoque du Groenland dans le golfe du Saint-Laurent, de 1952 à 2009. L’effectif total de ces populations a d’abord lentement décliné, passant de 2,7 millions en 1954 à 1,9 million en 1970. De 1970 à 2009, l’effectif à augmenté, atteignant 6,9 millions en 2009.
  3. Nouveau-nés de phoque gris à l’île de Sable, de 1962 à 1997. En 1962, la population comptait moins de 1 000 nouveau-nés; cependant, le nombre de nouveau-nés a augmenté de manière exponentielle au cours de la période, atteignant plus de 25 000 en 1997.
  4. Populations résidantes d’épaulard du nord et du sud de la Colombie-Britannique. La population du nord (vivant au nord du milieu de l’île de Vancouver) a augmenté, passant de 120 individus en 1974 à 220 en 2004. La population du sud (vivant le long de la côte sud de la province, y compris le détroit de Georgia et le Puget Sound) n’a pas connu la même augmentation et a fluctué entre 70 et 100 individus, sans montrer de tendance claire de 1974 à 2008.
  5. Loutre de mer au large de l’île de Vancouver, de 1977 à 2008. L’effectif a augmenté, passant de 100 en 1977 à plus de 2 700 en 2008.
  6. Population d’otarie de Steller vivant au large de la côte centrale de Colombie-Britannique, de 1913 à 2005. L’effectif a d’abord diminué, passant de 13 000 en 1913 à 7 000 en 1961. Après 1961, l’effectif a augmenté et a atteint 28 000 individus en 2005.
  7. Population de phoque commun vivant près des îles de la Reine-Charlotte (Haida Gwaii), en Colombie-Britannique. Selon une reconstruction historique de cette population, son effectif a été cyclique et a atteint un maximum de 80 000 individus en 1890 et des minimums d’environ 10 000 individus en 1917 et en 1970. Les estimations visant la période allant du milieu des années 1980 à 2009 sont fondées sur des relevés. L’abondance de l’espèce a augmenté à compter d’environ 1970, et la tendance montre un début de plafonnement au cours de la dernière décennie, avec environ 100 000 individus en 2009.

 

Source : Adapté de Pêches et Océans Canada (MPO), 20105. Références principales indiquées dans le texte.

Retournez à la table des matières

Pêcheries marines

Plusieurs stocks de poissons ont diminué dans les océans Atlantique et Pacifique, ainsi que dans la baie d’Hudson, dans la baie James et dans le bassin Foxe, en raison de la surexploitation combinée à d’autres facteurs de stress, notamment la hausse de la température, la baisse de la salinité et l’augmentation de l’acidité. Les diminutions de stocks concernent les poissons de fond (p. ex., morue franche, morue du Pacifique, morue-lingue, sébaste), les poissons pélagiques (p. ex., hareng, capelan) et les poissons anadromes (p. ex., saumon coho, saumon chinook, saumon atlantique, omble chevalier)5. Les mesures de gestion conçues pour renverser la tendance à la baisse des pêcheries à long terme ont échoué pour la plupart. Selon les pêcheries, la reprise a été ralentie par des changements du régime océanographique à grande échelle, la perte de frayères et d’aires d’alevinage et les contaminants5.Photo : Poissons pris dans un filet © iStock.com/Irishka1

Cependant, les pêcheries ne sont pas toutes en déclin. Par exemple, les populations de turbot, de morue charbonnière et de sardine du Pacifique sont toutes à la hausse dans l’écozone+ de la côte ouest de l’île de Vancouver; de même, les populations de saumon rose et de saumon kéta augmentent dans le détroit de Georgia5.

Carte et graphiques : Tendances pour les populations de poissons pêchés à divers endroits du Canada. Cliquez pour obtenir une description du graphique (nouvelle fenêtre).
Description longue pour Pêcheries marines

Ces graphiques montrent les populations de cinq espèces de poissons dans cinq localités différentes des côtes est et ouest du Canada, durant diverses périodes. Dans l’ensemble, les populations de ces poissons ont fortement diminué.

Voici les faits saillants révélés par chaque graphique :

  1. Biomasse reproductrice de morue franche dans les Grands Bancs, de 1960 à environ 2008. La biomasse de la population a connu des variations de grande amplitude, ayant atteint un maximum de plus de 120 000 tonnes en 1965, puis un minimum de 10 000 tonnes en 1957, puis un nouveau maximum de 80 000 tonnes au début des années 1980. À partir du début des années 1990, la biomasse est demeurée inférieure à 10 000 tonnes.
  2. Saumon atlantique retournant à une rivière de la baie de Fundy, depuis le début des années 1960 jusqu’en 2002. Il y a eu un maximum d’environ 5 000 saumons retournant à leur rivière en 1965. Après les années 1960, le nombre est généralement demeuré entre 1 000 et 2 000 jusqu’au début des années 1990, puis il a diminué et est demeuré stable à environ 100.
  3. Taux de survie du saumon coho sauvage dans le détroit de Georgia, de 1986 à 2006. Le taux de survie a été d’environ 12 % en 1986 et en 1987, puis il est monté à 18 % en 1988. Ensuite, il a diminué de manière assez constante et n’était plus que de 2 % en 2006.
  4. Saumon rouge retournant à la baie Barkley, de 1970 à 2006. Le nombre de saumons a fluctué entre des minimums d’environ 300 000 et des maximums pouvant atteindre 1 800 000. Depuis le milieu des années 1990 jusqu’en 2006, les maximums du cycle sont demeurés inférieurs à la moyenne de l’ensemble de la période étudiée.
  5. 5. Biomasse de hareng mesurée avant la campagne de pêche, sur la côte centrale de Colombie-Britannique, de 1950 à 2009. La biomasse de hareng a fluctué d’année en année, de manière générale entre 30 000 et 60 000 tonnes environ, avec des maximums pouvant atteindre près de 80 000 tonnes (en 1950) et avec un minimum isolé de moins de 20 000 tonnes à la fin des années 1960. Au cours de la dernière décennie, la tendance a changé, et la biomasse a diminué de manière constante, tombant à un minimum de 10 000 tonnes en 2009.

 

Sources : Adapté de Pêches et Océans Canada (MPO), 20105, Johannessen et McCarter, 201015, et Worcester et Parker, 201016.

Longueur des poissons à l’âge de cinq ans sur le plateau néo-écossais

En centimètres, de 1970 à 2002
Graphe : Longueur des poissons à l’âge de cinq ans sur le plateau néo-écossais. Cliquez pour obtenir une description du graphique (nouvelle fenêtre).
Description longue pour Longueur des poissons à l’âge de cinq ans sur le plateau néo-écossais

Ce graphique montre l’évolution de la longueur des individus de cinq ans de quatre espèces de poissons (goberge, morue, aiglefin et merlu argenté), de 1970 à 2002. Les longueurs moyennes annuelles de chaque espèce sont pointées sur le graphique, et une ligne indique la tendance pour chaque espèce. Au cours de la période, la longueur moyenne des individus de cinq ans a diminué chez les quatre espèces. La longueur moyenne de la goberge est passée d’environ 67 centimètres en 1970 à environ 51 centimètres en 2000. La longueur moyenne de la morue est passée d’environ 57 centimètres en 1970 à environ 46 centimètres en 2000. La longueur moyenne de l’aiglefin est passée d’environ 67 centimètres en 1970 à environ 51 centimètres en 2000. La longueur moyenne du merlu argenté est passée d’environ 39 centimètres en 1970 à environ 32 centimètres en 2000.

 

Source : Adapté de Citations dans Pêches et Océans Canada, 20105.

 

La taille des poissons est un facteur déterminant important pour le succès de la reproduction. Depuis les années 1970, plusieurs espèces sont devenues de plus en plus petites, notamment le hareng du Pacifique dans le détroit de Georgia et cinq espèces de poissons de fond sur le plateau néo-écossais. La diminution de la taille des poissons est un facteur qui entrave le rétablissement de certaines pêcheries5.

Monde

Tendances mondiales

Plus de 30 % des stocks de poissons sont surexploités, exploités à plein régime ou décimés29.
 

Retournez à la table des matières