Paysages agricoles servant d’habitat

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Indicateur de capacité d'habitat faunique

La capacité des paysages agricoles à servir d'habitat faunique dépend de la mosaïque des types de couverture terrestre et de leur gestion. L'une des façons de mesurer le potentiel de ces terres à soutenir des populations de vertébrés terrestres repose sur l'indicateur de capacité d'habitat faunique sur les terres agricoles d'Agriculture et Agroalimentaire Canada3. Cet indicateur permet d'évaluer la capacité potentielle d'habitat faunique de 15 catégories d'habitat en s'appuyant sur une évaluation de la valeur et de l'utilisation de 31 types de couverture terrestre par 588 espèces d'oiseaux, de mammifères, de reptiles et d'amphibiens. Les résultats montrent que les aires naturelles et les pâturages en friche présentent les valeurs les plus élevées alors que les terres agricoles, en particulier les terres cultivées, fournissent les plus faibles valeurs de capacité d'habitat. Les terres naturelles, comme les terrains boisés, les milieux humides et les zones riveraines, peuvent répondre à tous les besoins en matière d'habitats de reproduction et d'alimentation d'environ 75 % des espèces visées par l'évaluation, tandis que les terres cultivées peuvent répondre aux besoins de seulement 13 % des espèces3.

Capacité d’habitat faunique du paysage agricole

État en 2006
Image miniature : Capacité d’habitat faunique du paysage agricole
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Cette carte montre la capacité du paysage agricole au Canada à soutenir l’habitat faunique en 2006, selon cinq catégories : très faible, faible, modérée, élevée et très élevée. Les régions à capacité du paysage agricole très élevée étaient l’Écozone+ Maritime de l’Atlantique et l’Écozone+ du Bouclier boréal. La capacité du paysage agricole était très faible dans l’Écozone+ des Prairies, l’Écozone+ des Plaines boréales et l’Écozone+ des Plaines à forêts mixtes. Les régions agricoles de la Colombie-Britannique se classaient la plupart du temps dans la catégorie « modérée », tout comme certaines régions en bordure de l’Écozone+ des Prairies, de l’Écozone+ des Plaines boréales et de l’Écozone+ des Plaines à forêts mixtes.

Source : Adapté de Javorek et Grant, 20103.

En 2006, la capacité potentielle moyenne du paysage agricole à soutenir la faune était la plus faible dans les écozones+ des Prairies, des plaines boréales et des plaines à forêts mixtes qui, ensemble, constituent 92 % du paysage agricole du Canada3. À l'échelle des parcelles de terre individuelles, les tendances sont variables et dépendent des changements de leur utilisation. Bien que certaines parcelles, notamment les pâturages, offrent un habitat faunique essentiel, la dominance des terres cultivées engendre une capacité généralement faible dans la plupart de ces écozones+. Les écozones+ où l'empreinte agricole est la moins forte et où le paysage agricole est dominé par une couverture terrestre naturelle (écozone+ maritime de l'Atlantique et écozone+ du Bouclier boréal) ou par des pâturages en friche (Cordillère montagnarde, bassin intérieur de l'Ouest et écozone+ maritime du Pacifique) présentaient la capacité d'habitat faunique la plus élevée3.

Changement de la capacité moyenne d’habitat faunique du paysage agricole par écozone+

Indicateur de capacité d'habitat, de 1986 à 2006
Graphe : Changement de la capacité moyenne d’habitat faunique par ecozone+. Cliquez pour obtenir une description du graphique (nouvelle fenêtre).
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Ce diagramme à barres présente la capacité moyenne d’habitat faunique du paysage agricole pour chaque Écozone+ en 1986, 1996 et 2006. Il montre une tendance à la baisse de la capacité d’habitat dans l’Écozone+ Maritime du Pacifique, l’Écozone+ du Bassin intérieur de l’Ouest, l’Écozone+ de la Cordillère montagnarde, l’Écozone+ du Bouclier boréal et l’Écozone+ Maritime de l’Atlantique. De faibles diminutions de la capacité d’habitat ont été observées entre 1986 et 1996 dans l’Écozone+ des Plaines boréales et l’Écozone+ des Plaines à forêts mixtes. Dans l’Écozone+ des Prairies, la capacité d’habitat est demeurée stable.

Le changement est mesuré par l’indicateur de capacité d’habitat, de la manière suivante : moins de 30, très faible capacité d’habitat; de 30 à 50, capacité d’habitat faible; de 50 à 70, capacité d’habitat modérée; de 70 à 90, capacité d’habitat élevée; plus de 90, capacité d’habitat très élevée. Le changement de la capacité moyenne d’habitat faunique est présenté dans le tableau qui suit :

  1986 1996 2006
Maritime du Pacifique 64.5 61.7 52.6
Bassin intérieur de l’Ouest 70.4 65.4 61.3
Cordillère montagnarde 71.04 66.7 58.6
Prairies 42.9 43.0 43.4
Plaines boréales 49.8 47.9 47.8
Bouclier boréal 79.7 76.5 63.9
Plaines à forêts mixtes 52.5 50.4 50.1
Maritime de l’Atlantique 94.2 93.2 88.8
Source : Adapté de Javorek et Grant, 20103.

La capacité moyenne d'habitat faunique, si l'on tient compte de la baisse ou de la hausse de la capacité dans certaines parcelles de terres distinctes, a chuté de manière significative entre 1986 et 2006 dans toutes les écozones+ à l'exception des Prairies, où elle est demeurée faible3. La conversion de petites parcelles d'habitat, comme en bordure des champs dans les Prairies5, n'est pas toujours décelée dans une telle évaluation à grande échelle, mais elle pourrait représenter une dégradation supplémentaire de la capacité d'habitat3. Dans l'ensemble, les diminutions au Canada sont essentiellement dues à l'intensification de l'agriculture et à la conversion de terres naturelles en terres moins appropriées pour la faune, comme les terres cultivées. De 1986 à 2006, la proportion du paysage agricole classé en terres cultivées a augmenté de 46 à 53 %3.

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Gestion des paysages agricoles et capacité d'habitat faunique

Les pratiques de gestion influent également sur la capacité des terres à soutenir la faune. Ainsi, une saine intendance par la mise en oeuvre de pratiques exemplaires de gestion a donné des résultats positifs dans certaines régions. Les paysages agricoles sont dynamiques, et des effets bénéfiques et nuisibles des changements de la couverture terrestre se produisent simultanément.

Population du canard pilet dans le sud du Canada

Millions, de 1955 à 2007
Graphe : Population du canard pilet dans le sud du Canada. Cliquez pour obtenir une description du graphique (nouvelle fenêtre). Photo : Canard pilet © iStock.com/LUGO.
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This line graph shows the southern Canada northern pintail population from 1955 to 2007. Though there were annual fluctuations, the overall trend shows a steep decline to the late 1980s. In 1956 the population peaked at just over 8 million. It then declined sharply to about 1 million in the early 1960s, before rising to approximately 4.5 million in 1974. This peak was followed by another sharp decline to fewer than 0.5 million ducks in the late 1980s. After that, until 2007, the population fluctuated around 1 million.

Source : United States Fish and Wildlife Service, 20076.

L'intensification de l'agriculture dans les Prairies au cours des 40 dernières années, accompagnée de la diminution des mises en jachère durant l'été et de l'augmentation des conversions en terres cultivées, a eu des effets négatifs sur le succès de nidification de certaines espèces de sauvagine en période de reproduction7, 8. Par exemple, l'une des principales causes du déclin du Canard pilet est liée à sa tendance à faire son nid dans le chaume sur pied, dans le chaume au sol ou dans les champs en jachère tôt en saison, souvent avant le temps des semences. La diminution des jachères d'été et l'augmentation des ensemencements de printemps depuis les années 19703 ont été liées à la réduction du succès de nidification et au déclin de la population du Canard pilet dans les Prairies9.

Application de pratiques d’ensemencement par semis direct en Saskatchewan
Pourcentage du nombre total d'hectares ensemencés, de 1991 à 2006
Graphe : Application de pratiques d’ensemencement par semis direct en Saskatchewan. Cliquez pour obtenir une description du graphique (nouvelle fenêtre). Photo : Canard pilet dans un champ agricole © iStock.com/nlimmen.
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This line graph shows the percent of total hectares that were seeded in Saskatchewan using zero-till seeding practices from 1991 to 2006. The graph shows a steady increase from 8% in 1991 to 60% in 2006.

Source : Le Plan conjoint des Habitats des Prairies, 200612.

Les agriculteurs travaillent avec les organismes de conservation afin d'atténuer l'impact des pratiques agricoles sur la sauvagine. L'ensemencement du blé d'hiver à l'automne à l'aide d'une méthode de semis direct élimine le besoin de travailler le sol au printemps, ce qui réduit les perturbations causées aux canards nicheurs. La mise en application de ces pratiques a augmenté depuis le début des années 199010, 11 (voir Intendance).

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