Millieux humides

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Photo : Cuvettes des Prairies © Canards Illimités Canada
Cuvettes des Prairies

Changements dans les superficies de milieux humides

Pertes de milieux humides dans les prairies

Pourcentage de pertes, de 1985 à 2001
Carte : Pertes de milieux humides dans les prairies. Cliquez pour obtenir une description du graphique (nouvelle fenêtre).
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Cette carte montre les pertes de milieux humides survenues de 1800 à 2002 dans chacun des 350 cantons du sud de l’Ontario. Le pourcentage de perte est indiqué selon cinq classes représentées par des couleurs différentes : 0 à 25 %, 25 à 45 %, 45 à 65 %, 65 à 85 % et 85 à 100 %. Quatre cantons situés en bordure nord de la région étudiée n’ont pas été évalués. Les pertes sont importantes : 80 % des cantons ont perdu plus de 45 % de leurs milieux humides au cours de la période. Les pertes les plus graves sont survenues dans le sud-ouest de la province, dans certaines portions du sud-est, dans la région du Niagara et dans la région de Toronto, où les pertes ont été de 85 à 100 %. Seulement 5 des 350 cantons ont subi des pertes inférieures à 25 %. Une carte en médaillon indique la région étudiée dans le Sud du Manitoba, de la Saskatchewan et de l'Alberta.

 

Source : Plan conjoint des habitats des Prairies, 200819, adapté de Watmough et Schmoll, 200712

The Les millions de petits milieux humides des prairies du Canada et des États–Unis représentent l'habitat le plus productif de la sauvagine au monde, abritant de 50 à 88 % de la population de plusieurs espèces d'oiseaux nicheurs en Amérique du Nord20-22. La disponibilité et l'état des milieux humides sont les principaux facteurs qui déterminent le nombre et la diversité de cette sauvagine. Bien que ces facteurs soient grandement influencés par les variations du climat22, les changements d'utilisation des terres ont également de l'importance.

Au fur et à mesure de la colonisation et de la transformation des terres à des fins agricoles, de vastes superficies de milieux humides ont été asséchées. Il n'existe aucune donnée détaillée sur ces pertes historiques, mais l'analyse d'études locales dans les Prairies canadiennes révèle une grande variation12, 23-25, avec des pertes estimées à 40 à 71 % entre le début de la colonisation et les années 199012, 24, 26, 27. Malgré des efforts de conservation depuis les dernières décennies, la perte et la dégradation de milieux humides se poursuivent, principalement à cause de l'intensification de l'agriculture25, 28. Entre 1985 et 2001, 6 % des cuvettes de milieux humides ont été perdus, ce qui représente 5 % de la superficie totale estimée des milieux humides. En outre, on a estimé qu'il y avait annuellement une perte de fonctions d'environ 6 % de la superficie des milieux humides en raison de facteurs comme l'assèchement partiel12. Une analyse des incidences de l'agriculture et du rétablissement de milieux humides, effectuée entre 1985 et 2005, a déterminé que les bordures des milieux humides étaient plus touchées que les cuvettes des milieux humides. Bien que l'ampleur des incidences sur les bordures ait diminué au cours de la période, le taux de rétablissement était plus lent, ce qui indique une hausse des effets globaux. Le pourcentage des bordures touchées variait entre 82 et 97 % en 1985, selon l'endroit, et s'est stabilisé au début des années 1990 entre 90 et 95 %28.

On estime que jusqu'à 90 % des milieux humides des prairies ont une superficie inférieure à 1 ha12. Des études indiquent que les plus petits milieux humides abritent en général un plus grand nombre de sauvagines que les plus grands milieux humides29. Ces petits milieux humides subissent aussi les plus grandes pertes. Entre 1985 et 2001, la taille moyenne des bassins de milieux humides disparus était de 0,2 ha, 77 % étant de dimensions inférieures à 2,6 ha12. Entre 1985 et 2005, les milieux humides saisonniers peu profonds dans les champs agricoles ont enregistré le plus haut taux d'incidences et le plus faible taux de rétablissement par rapport à d'autres types de milieux humides28.

Pertes de milieux humides dans le sud de l’Ontario

Pourcentages de pertes par canton, de 1800 à 2002
Carte : Pertes de milieux humdes dans le sud de l’Ontario. Cliquez pour obtenir une description du graphique (nouvelle fenêtre).
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This map shows wetland loss for each of 350 townships in southern Ontario from 1800 to 2002. The percent loss is displayed in colour-coded ranges: 0 to 25% loss, 25 to 45%, 45 to 65%, 65 to 85%, and 85 to 100%. Four townships on the northern edge of the study area were unassessed. Wetland loss is extensive, with 80% of townships having lost more than 45% of their wetlands over the time period. Loss was most severe in southwestern Ontario, parts of southeastern Ontario, Niagara, and the Toronto area where loss was from 85 to 100%. Only 5 of the 350 townships showed a loss of less than 25%.

 

Remarque : Seuls les milieux humides de plus de 10 ha sont inclus.
Source : Canards Illimités Canada, 201011.

Avant l’arrivée des Européens, la superficie des milieux humides dans le sud de l’Ontario atteignait environ 20 266 km2. En 2002, 72 % des milieux humides avaient été transformés à d’autres fins. Ce pourcentage représente une diminution dans la proportion de la couverture des milieux humides dans le paysage de 25 à 7 %11. Autrefois, les plus fortes concentrations de milieux humides se trouvaient dans le sud–ouest et l’est de l’Ontario. C’est aussi dans ces secteurs que ce sont produites les pertes les plus importantes. Par exemple, avant la colonisation, 83 % du comté d’Essex, à l’extrémité sud–ouest de l’Ontario, étaient constitués de milieux humides, mais en 2002, cette superficie avait été réduite à moins de 2 %11, 30. Entre 1967 et 1982, la transformation des milieux humides à des fins agricoles représentait 85 % des pertes30. Le développement urbain et les infrastructures de transport connexes ont été des facteurs importants des pertes dans les régions entourant le sud–est du lac Ontario11.

Une bonne partie de la transformation des milieux humides s’est produite au cours du 19e siècle et au début du 20e siècle (68 % des milieux humides ont été transformés/perdus avant 1967)30. Néanmoins, malgré le gain de milieux humides dans certaines régions, la perte nette se poursuit. Bien que le nombre estimé de milieux humides de plus de 10 ha soit demeuré relativement stable entre 1967 et 1982, de 1982 à 2002, un pourcentage additionnel de 3,5 % de milieux humides précoloniaux a été perdu – une moyenne de 3,5 km2 par année11. Il s’agit d’estimations prudentes, car les milieux humides riverains des Grands Lacs et les milieux humides de moins de 10 ha n’ont pas été inclus dans les analyses11.

Changements dans les superficies de milieux humides le long du fleuve Saint–Laurent

Deux cartes montrant les changements dans les superficies de milieux humides le long du fleuve Saint-Laurent. Cliquez pour obtenir une description du graphique (nouvelle fenêtre).
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Ces deux cartes montrent les changements survenus dans les superficies de milieux humides au cours de deux périodes. De manière générale, ces superficies ont diminué de 1945 à 1978 et augmenté cours de la période suivante. La première carte montre les changements survenus de 1945 à 1978 dans chaque unité physiographique, selon quatre classes représentées par des couleurs différentes : perte de 29 %, perte de 7 à 17 %, perte de 1 à 6 % et absence de données. Des pertes sont survenues dans toutes les unités physiographiques pour lesquelles des données sont disponibles. La perte la plus grande, de 29 %, est survenue dans la région de Québec, tandis que la région de Montréal a subi une perte de 7 à 17 %.

La deuxième carte montre les changements survenus entre les périodes 1970-1978 et 2001-2002 dans chaque unité physiographique, en pourcentage ainsi que selon trois classes représentées par des couleurs différentes et correspondant respectivement à un gain, à une superficie stable et à une perte. De manière générale, la superficie de milieux humides a augmenté dans la région étudiée, le gain étant d’environ 6 % à l’ouest de Montréal, d’environ 17 % à l’ouest de Québec et d’environ 12 % à l’extrémité est du territoire étudié. Seulement deux régions ont encore connu des pertes : la région de Montréal (perte de 17 %) et le lac Saint-Pierre (perte de 0,5 %). La superficie de milieux humides est demeurée stable à l’est de Québec et à l’est de Cornwall.

Les deux cartes sont accompagnées par une petite carte du Canada indiquant la position du territoire étudié, qui comprend les rives du fleuve Saint-Laurent depuis Cornwall, en Ontario, jusqu’à un point situé à l’est de l’embouchure du Saguenay, au Québec.

 

Sources: Pourcentages de changements par unité physiographique entre 1945 et 1978 adapté de Lehoux and Chamard, 200249; pourcentages de changements, de 1970–1978 et de 2001–2002 adapté de Jean and Létourneau, 200750.

Entre 1945 et 1984, plus de 60 km2 d’habitats riverains ont été modifiés le long du fleuve Saint–Laurent51. La plupart des changements se sont produits avant le milieu des années 1970 en raison du drainage et du remplissage des eaux libres et des milieux humides au profit de l’aménagement de logements, de routes et de l’agriculture. Les pertes se sont surtout produites près des grands centres urbains49, 51 – par exemple, en 1976, 83 % des milieux humides de Montréal avaient été perdus52. La construction d’installations de régularisation de l’eau, notamment les barrages et la Voie maritime du Saint–Laurent (de 1954 à 1958), a provoqué des changements à la fin des ann 195049. L’urbanisation a été plus importante après cette période52.

Depuis les années 1970, l’étendue globale des milieux humides a augmenté, bien qu’il y ait des variations selon le type et l’emplacement du milieu humide51. Malgré que la perte de milieux humides se poursuive en raison de l’urbanisation, particulièrement dans les régions de Montréal et du lac Saint–Pierre, les efforts de restauration et la baisse des niveaux d’eau ont entraîné un gain net des marais et des marécages de l’ordre de 2,7 % entre 1990 et 200251. Les gains ont surtout été observés dans l’estuaire fluvial, le moyen estuaire et l’estuaire maritime, et se sont produits essentiellement au détriment de l’eau libre. La baisse des niveaux d’eau dans les années 1990 peut avoir accéléré la tendance à la sécheresse dans certaines régions51, 53, transformant les bas marais en hauts marais et en marécages, avec une prédominance de plantes envahissantes. Les niveaux d’eau sont influencés par un nombre de facteurs, y compris les ouvrages de régularisation des eaux, le débit des Grands Lacs et de la rivière des Outaouais et les changements climatiques, en particulier dans l’estuaire et le golfe du Saint–Laurent49, 51.

Les plantes non indigènes de milieu humide constituent maintenant 14 % des plantes vasculaires des milieux humides du fleuve Saint–Laurent54. Leur expansion peut être attribuée à la modification des rives, à l’excavation du chenal navigable et à la régularisation des niveaux d’eau, qui ont réduit l’ampleur des crues, ralenti la circulation de l’eau dans les zones littorales peu profondes et diminué l’efficacité du fleuve à purger les sédiments des nutriants et à déraciner la végétation émergente robuste55.

Plaine Old Crow

Modification de la superficie des plans d'eau
Graphe : Modification de la superficie des plans d'eau dans la plaine Old Crow. Cliquez pour obtenir une description du graphique (nouvelle fenêtre).
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Ce diagramme à barres montre les pourcentages de changement survenus de 1951 à 1972 et de 1972 à 2001 dans la superficie de six types de plans d’eau (étangs; petits lacs; lacs moyens; grands lacs; très grands lacs; plans d’eau de toutes dimensions), dans la plaine Old Crow. De 1951 à 1972, presque tous les types de plans d’eau ont connu une augmentation de leur superficie, de 6,9 % pour les étangs, de 10,3 % pour les petits lacs, de 7,5 % pour les lacs moyens et de 4,9 % pour les grands lacs; seule la superficie des très grands lacs a diminué, de 0,6 %. La superficie totale des plans d’eau, toutes dimensions confondues, a augmenté de 1,6 %. De 1972 à 2002, tous les types de plans d’eau ont connu une diminution de leur superficie, de 8,5 % pour les étangs, de 1 % pour les petits lacs, de 4,9 % pour les lacs moyens, de 8,6 % pour les grands lacs, et de 3,9 % pour les très grands lacs; la superficie totale des plans d’eau, toutes dimensions confondues, a diminué de 5 %. Une carte en médaillon montre où se trouve la plaine Old Crow dans le Nord du Yukon.

 

Source : Adapté de Labrecque et al., 200956.

Désigné milieu humide d’importance internationale4, la plaine Old Crow est un grand complexe non développé (plus de 6000 km2) de plus de 2000 lacs et milieux humides, formés à la suite de la fonte du pergélisol. Elle offre un habitat important à l’échelle continentale à près d’un demi–million d’oiseaux aquatiques en périodes de reproduction et de mue57, 58. La superficie totale d’eau a diminué de 13 km2 (3,5 %) entre 1951 et 2001, et les diminutions totales les plus importantes ont été observées dans les grands et les très grands lacs. La superficie des étangs s’est agrandie de 7 % entre 1951 et 1972, mais a diminué de 8,5 % entre 1972 et 2001. Ces changements sont attribuables à différents processus interdépendants, certains lacs se formant ou s’agrandissant et certains autres s’asséchant soudainement en raison de l’effondrement du pergélisol ainsi qu’à la tendance générale à la sécheresse, qui s’explique par une augmentation de l’évaporation, elle–même causée par les étés chauds des dernières années56.

Changement de la superficie des milieux humides dans les vallées de l'Okanagan–sud et de la basse Similkameen, en Colombie–Britannique

Superficie (km2) en 1800, 1938, et 2005
Graphe : Changement de la superficie des milieux humides dans les vallées de l'Okanagan-sud et de la basse Similkameen, en Colombie-Britannique. Cliquez pour obtenir une description du graphique (nouvelle fenêtre).
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Ce diagramme à barres montre les superficies de milieux humides qui étaient présentes dans la vallée de l’Okanagan-Sud et dans la vallée inférieure de la Similkameen en 1800, en 1938 et en 2005. Cette superficie est passée de 178 kilomètres carrés en 1800 à 69 kilomètres carrés en 1938 puis à 30 kilomètres carrés en 2005, ce qui représente une perte globale de 84 %. La carte accompagnant le diagramme montre la position du territoire étudié, dans le centre-sud de l’intérieur de la Colombie-Britannique, entre la frontière des États-Unis et un point situé au nord de Vernon.

 

Source : Adapté de Lea, 200887.

Les milieux humides occupent une petite partie de l’écozone+ du bassin intérieur de l’Ouest, en raison du climat, du sol et des caractéristiques topographiques de la région2, 88. Néanmoins, ils jouent un rôle écologique essentiel, en particulier parce qu’ils abritent dans les zones arides plus d’espèces que tout autre écosystème88, 89. Les milieux humides de la partie sud de l’intérieur de la Colombie–Britannique abritent de nombreuses espèces en péril. La plupart des milieux humides dans ce secteur se situent dans le fond de vallées où se concentre également le développement, et la perte de milieux humides a été énorme depuis la colonisation européenne, principalement en raison de leur conversion en terres agricoles et, plus récemment, du développement urbain87, 90. Entre 1800 et 2005, des communautés de milieux humides précises ont souffert différents degrés de pertes, dont 92 % de milieux humides riverains à cornouillers stolonifères et à bouleaux fontinaux buissonnants, 63 % de milieux humides riverains à peupliers occidentaux et à cornouillers stolonifères et 41 % de marais dominés par la massette dans les vallées de l’Okanagan–Sud et de la basse Similkameen87. Les milieux humides continuent de subir des pertes et une dégradation en raison de l’urbanisation, de l’agriculture intensive et, dans certains secteurs, d’activités récréatives importantes87, 91, 92. En outre, les espèces envahissantes et les changements climatiques présentent des menaces importantes.

Photo : Milieu humide du fleuve Saint-Laurent © Caroline Savage, Environnement Canada
Milieu humide du fleuve Saint–Laurent

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Photo : Tourbières boréales © Global Forest Watch
Tourbières boréales

État des tourbières

Au Canada, les tourbières s’étendent sur 1,1 million de kilomètres carrés, ce qui représente environ 12 % de la superficie du pays74 et la majeure partie de la superficie totale des milieux humides75. Les régions boréales et subartiques se partagent 97 % des tourbières74. En plus de leur importance pour la biodiversité, les tourbières du Canada, qui sont des milieux humides ayant accumulé plus de 40 cm de sol organique2, 76, sont d’importants puits de carbone à l’échelle mondiale77-79. Bien qu’on estime que 90 % de la superficie de tourbières du Canada est toujours intacte, il existe peu de données à cet effet13. Voici quelques exemples d’estimations de pertes de tourbières directement liées aux activités humaines :

  • 9000 km2 ont été inondés au Canada dans le cadre de projets d’aménagement hydroélectrique entre 1960 et 200013,80;
  • 250 km2 ont été asséchés dans le cadre d’activités de foresterie dans le Bouclier boréal entre 1980 et 200080;
  • 240 km2 ont été asséchés pour de la tourbe horticole avant 2007, y compris une hausse de 56 % de la superficie touchée par les activités d’extraction active entre 1990 et 200781;
  • 237 km2 ont été perturbés par l’exploitation des sables bitumineux en Alberta avant la première moitié de 200982;
  • 110 km2 ont été transformés en terres agricoles au Québec, avant 200183.

Environ 60 % des tourbières du Canada, particulièrement celles dans les basses–terres de la baie d’Hudson et de la baie James, le bassin du fleuve Mackenzie et certains secteurs du nord de l’Alberta et du Manitoba, se trouvent dans des régions qui devraient être gravement touchées par les changements climatiques74, 84. Les changements climatiques ont déjà des effets sur les tourbières nordiques, car ils contribuent à la fonte du pergélisol et à d’autres changements de l’hydrologie. On observe des changements rapides tels que l’expansion des lacs dans certaines régions et leur réduction ou leur disparition dans d’autres85, notamment le remplacement des forêts par des prairies humides de carex, des tourbières, et des lacs et étangs86 (voir La glace dans l’ensemble des biomes). Les changements climatiques ont aussi des répercussions sur l’équilibre du carbone des vastes tourbières du Canada74.

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Delta des rivières de la Paix et Athabasca

Carte montrant la situation géographique du delta des rivières de la Paix et Athabasca. Cliquez pour obtenir une description du graphique (nouvelle fenêtre).
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Cette carte du Canada montre la position du delta des rivières de la Paix et Athabasca, dans le nord-est de l’Alberta.

 

Le delta des rivières de la Paix et Athabasca, qui fait plus de 5000 km2, est l’un des plus grands deltas intérieurs d’eau douce au monde. Formé de deux grands lacs centraux et de plus de 1000 petits lacs et milieux humides59, ce delta est d’une importance internationale pour les oiseaux aquatiques, les bisons et les poissons4. La dynamique du delta est fortement influencée par les fluctuations à court et à long terme des niveaux d’eau, y compris les crues printanières occasionnelles provoquées par les embâcles60, 61 et les débordements d’eaux libres en été, avec des intervalles de sécheresses entre les inondations62. Des études ont montré que la fréquence récente d’embâcles et d’inondations se situe dans la plage des variations et des intervalles historiques63-65. Néanmoins, bien que le delta ait connu d’importants épisodes d’embâcles et d’inondations depuis les années 194066, le plus récent épisode s’étant produit en 199760, 64, des analyses du paysage ont découvert une importante tendance générale à la sécheresse entre la période de 1945 et 2001, au cours de laquelle les communautés des milieux humides ont diminué, alors que cell des milieux secs ont augmenté63, 67.

Il est difficile de déterminer la cause des modifications des paysages, car le delta change constamment en raison des changements climatiques, de l’hydrologie et des processus deltaïques, qui sont tous variables et influencés par des facteurs naturels et anthropiques63, 65, 66. Les influences depuis les 45 dernières année comprennent60, 62, 66, 68-72 :

  • un climat plus chaud et sec;
  • la prévention d’un changement naturel dans le cours de la rivière Athabasca, en 1972, et la présence naturelle d’une percée d’un canal en 1982;
  • la régularisation de l’écoulement, notamment la construction du barrage Bennett sur la rivière Peace en 1968 et de déversoirs subséquents sur les voies d’évacuation en 1975–1976 en réponse aux préoccupations relatives aux changements de niveaux d’eau dans les lacs reliés;
  • les modifications dans l’utilisation des terres et le développement, y compris la foresterie, l’agriculture et l’extraction du bitume;
  • les utilisations croissantes de l’eau;
  • les changements culturels.

La diminution prévue de la fréquence d’inondations dues aux embâcles au cours du prochain siècle en raison des changements climatiques pourrait aboutir à une plus grande sécheresse73, et un aménagement supplémentaire en amont pourrait ajouter un stress supplémentaire sur l’écosystème du D. Peters, Environnement Canada delta.

Photo : Ruisseau Mamawi, delta des rivières de la Paix et Athabasca © D. Peters, Environnement Canada
Ruisseau Mamawi, delta des rivières de la Paix et Athabasca

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La santé des milieux humides côtières des Grands Lacs

Recouvrant plus de 700 km2, les milieux humides le long des rives des Grands Lacs ainsi que de leurs voies interlacustres et de leurs cours d’eau tributaires fournissent un habitat essentiel aux espèces sauvages, incluant les oiseaux, les mammifères, les poissons, les amphibiens, les reptiles et une grande variété d’espèces végétales. Ils ont connu une perte et une dégradation importantes depuis les 200 dernières années30, 31, et plusieurs ont été fortement touchés par la pollution32, 33. On estime qu’en 1984, 35 % des milieux humides le long des rives canadiennes des lacs Érié, Ontario et Sainte–Claire avaient été perdus34, avec les plus grandes pertes, de 73 à 100 % jusqu’en 1979, se produisant entre Toronto et la rivière Niagara35. La plus grande partie de la transformation s’est produite à partir de la fin du 19e siècle jusqu’au début du 20e siècle, lorsque de vastes milieux humides ont été dragués pour la navigation et remplis aux fins du développement industriel et urbain36. La perte et la dégradation se sont poursuivies en raison de la modification du littoral, du contrôle des niveaux d’eau, des charges en nutriants et des charges sédimentaires, des espèces non indigènes envahissantes, du dragage et du développement industriel, agricole et résidentiel36-41. Les habitudes d’utilisation des terres en amont engendrent aussi des répercussions, en particulier par le ruissellement à partir des terres agricoles et des surfaces imperméables42‑44.

De récentes études révèlent que la santé des milieux humides varie dans le bassin versant des Grands Lacs40. L’indice de la qualité des eaux, une des méthodes de suivi de la santé des milieux humides, indique qu’au Canada, les Grands Lacs inférieurs, en particulier l’extrémité ouest des lacs Ontario et Érié, qui sont les plus lourdement touchés par l’urbanisation et l’agriculture, ont connu la plus grande dégradation. Au Canada, relativement peu de sites sont dégradés dans la baie Georgienne, le lac Huron et le lac Supérieur45-48.

Résultats des Grands Lacs au Canada fondés sur l'Indice de la Qualité des Eaux
Lacs Ontario et Érié et baie Georgienne échantillonnés entre 2006 et 2009
Lacs Supérieur et Huron échantillonnés entre 1998 et 2005
Carte : Résultats des Grands Lacs au Canada fondés sur l’indice de la qualité des eaux. Cliquez pour obtenir une description du graphique (nouvelle fenêtre).
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Cette carte indique l’indice de la qualité des eaux des milieux humides situés sur les rives canadiennes des Grands Lacs, comme mesure de la santé de ces milieux. L’indice est indiqué selon cinq classes, représentées par des couleurs différentes et correspondant respectivement à des eaux excellentes, très bonnes, bonnes, moyennement dégradées, très dégradées ou fortement dégradées. Les données visant le lac Ontario, le lac Érié et la baie Georgienne ont été recueillies de 2006 à 2009, tandis que celles visant les lacs Supérieur et Huron l’ont été de 1998 à 2005. La carte révèle que les eaux les plus dégradées se rencontrent en bordure des lacs Érié et Ontario et particulièrement à l’extrémité ouest de ces lacs : les eaux y étaient bonnes dans très peu de sites, tandis qu’elles étaient moyennement à fortement dégradées dans de nombreux sites. Les eaux étaient généralement bonnes à excellentes dans la baie Georgienne et dans les lacs Huron et Supérieur, où seulement trois sites avaient des eaux moyennement dégradées.

 

Source : Données mises à jour par Chow–Fraser, 200645 à l’aide de données non publiées de 2008 recueillies principalement dans la partie est de la baie Georgienne et le chenal du Nord par l’auteur, et de données non publiées de 2009 recueillies dans les lacs Érié et Ontario par le Service canadien de la faune, Environnement Canada, région de l’Ontario48.

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