Intendance

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Normes et codes de pratique

Plus de 94 % des forêts du Canada, 100 % de l'eau et de vastes régions de parcours sont de propriété publique. Un certain nombre de normes, de codes de pratique et de programmes de certification existent pour favoriser la conservation de la biodiversité dans ces régions, et sur les terres forestières et agricoles privées. Voici quelques exemples :

  • Cinq pêcheries de la côte du Pacifique et sept pêcheries de la côte de l'Atlantique ont obtenu la certification de pêcheries durables du Marine Stewardship Council4. Cette certification a été attribuée à certaines d'entre elles pour leur succès dans la réduction de prises accessoires. Les niveaux de prises accessoires de morue, de flétan du Groenland et de plie canadienne sont inférieurs à 2,5 %5 et des niveaux plus bas ont été enregistrés dans certaines régions6;
  • En 2006, environ 28 % des exploitations agricoles au Canada ont indiqué qu'elles avaient élaboré des plans agroenvironnementaux pour diminuer l'incidence des pratiques agricoles sur l'environnement7.

Certification forestière au Canada

Superficie (en millions de km2), de 2000 à 2009
Graphe : Certification forestière au Canada. Cliquez pour obtenir une description du graphique (nouvelle fenêtre).
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Ce diagramme à barres empilées montre la superficie totale des forêts canadiennes qu’ont certifiées chaque année le Forest Stewardship Council, la Sustainable Forest Initiative et l’Association canadienne de normalisation, de 2000 à 2009. Le diagramme montre que cette superficie a constamment augmenté, passant de 15 800 kilomètres carrés en 2000 à 1,5 million de kilomètres carrés en 2009.

 

 
Source : Metafore's Forest Certification Resource Centre, 20098

Pour que leurs terres forestières obtiennent la certification, les sociétés forestières doivent démontrer qu'elles ont adopté des activités d'intendance et qu'elles contribuent à la conservation de la biodiversité en vertu d'un cadre de gestion durable des forêts. Au Canada, le nombre de terres forestières qui obtiennent une telle certification est en constante augmentation depuis 2000. En date de 2009, près de 1,5 million de km2, soit 87 % de la région boisée exploitée au Canada, ont obtenu la certification. Ce chiffre représente 40 % des forêts certifiées du monde8.

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Photo : Cavalier solitaire © Canards Illimités Canada

Intendance des terres privées

En 1994, on a déterminé que la dégradation des écosystèmes et la fragmentation du paysage9 posaient un risque élevé de perte de biodiversité d'environ 50 % des 900 000 km2 de terres privées du Canada, rendant ainsi très importantes les activités d'intendance. L'intendance des terres privées peut prendre de nombreuses formes, y compris par les incitatifs financiers, les programmes régionaux, nationaux et internationaux élargis qui sont mis en oeuvre par les organisations non gouvernementales, les programmes-pilotes et les programmes de diffusion externe, l'information et l'aide à l'éducation, et les petits projets communautaires. Il est particulièrement difficile de surveiller les résultats en lien avec la biodiversité de bon nombre des activités, particulièrement ceux des initiatives d'éducation qui cherchent à développer une éthique à long terme en matière d'intendance.

Soutien par l’entremise des ressources

Logo du Stewardship Centre for BCLe partage de l'information et des meilleures pratiques qui favorisent l'adoption et le maintien d'une utilisation durable des terres est une partie importante de l'intendance. Le Stewardship Centre for British Columbia10 est un centre en ligne virtuel qui encourage l'intendance de l'environnement en offrant un soutien technique ainsi que des outils et des ressources qui contribuent au renforcement des capacités. Il encourage les partenariats entre les organismes d'intendance, le gouvernement et le secteur privé. La série de publications du centre d'intendance procure des lignes directrices aux gouvernements locaux, aux promoteurs et aux groupes d'intendance afin d'encourager des pratiques de développement plus saines et plus durables. Le centre participe également au renforcement des capacités des organismes d'intendance en assurant leur financement de base. Le centre est affilié au Stewardship Canada Portal, au Land Stewardship Centre of Canada et à d'autres centres d'intendance d'un bout à l'autre du pays.

Engagement à grande échelle et à long terme envers l’intendance : plan nord-américain de gestion de la sauvagine

Terres ensemencées de blé d’hiver dans les prairies
Superficie (en milliers de km2), de 1992 à 2009
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Ce graphique linéaire montre l’augmentation de la superficie de terres ensemencées de blé d’hiver dans les Prairies, de 1992 à 2009. Selon le graphique, cette superficie a connu des fluctuations annuelles, mais elle a d’abord globalement augmenté, passant de 546 kilomètres carrés en 1992 à 6 070 kilomètres carrés en 2007. La superficie a ensuite diminué, et elle n’était plus que de 2 630 kilomètres carrés en 2009. L’augmentation a été constante mais lente de 1992 à 1999 et plus rapide de 1999 à 2007.

 

Source : Adapté de Statistique Canada, 201012.

Le Plan nord-américain de gestion de la sauvagine a été établi en 1986 par suite de la baisse brusque des populations de sauvagine accentuée par le drainage des milieux humides et la sécheresse. Le Plan, qui est une initiative du Canada et des États-Unis auquel le Mexique s'est joint en 1994, reconnaissait qu'il serait impossible de rétablir les populations de sauvagine sans une coopération continentale élargie. Son but est de rétablir les populations de sauvagine à leurs niveaux moyens de 1970 en veillant à conserver l'habitat par l'établissement de partenariats publics-privés régionaux, c'est-à-dire par les « plans conjoints », qui s'inspirent des meilleures pratiques scientifiques existantes et d'une vision du paysage à l'échelle continentale11. Il propose un vaste éventail d'approches, dont l'une est l'intendance agricole. Par exemple, dans le cadre du Plan conjoint des Habitats des Prairies, on encourage les agriculteurs à adopter des pratiques culturales qui respectent la sauvagine, comme semer du blé d'hiver à l'automne. Le blé d'hiver réduit les perturbations et offre un couvert aux espèces à nidification hâtive comme le Canard pilet. La superficie des terres ensemencées de blé d'hiver a augmenté de 1992 à 200712. La réduction au cours des deux dernières années est attribuable à une récolte tardive à l'automne en raison des conditions météorologiques. Entre les années 2000 et 2009, les partenaires de l'initiative ont eu une influence sur l'intendance de plus de 70 000 km2 d'habitats de milieux humides, de rivages, de prairies et de terres agricoles du sud du Canada13.

Croissance des fiducies foncières établies au Canada

Pourcentage des fiducies foncières établi dans chaque période, de 1910 à 2005
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Ce diagramme à barres empilées montre la proportion de fiducies foncières établies durant chacune de cinq périodes et illustre ainsi la croissance de ces fiducies au Canada. Selon le diagramme, 4 % des fiducies foncières ont été établies de 1910 à 1929, 8 % de 1930 à 1949, 2 % de 1950 à 1969, 27 % de 1970 à 1989, et 59 % de 1990 à 2005.

 

Remarques : Les données sont basées sur un échantillon représentatif de 51 organismes au Canada, dont la taille et les objectifs varient.
Source : Adapté de Campbell et Rubec, 200614.

Les fiducies foncières sont des organismes sans but lucratif, généralement communautaires, qui travaillent à la protection à long terme du patrimoine naturel et, plus récemment, à la protection des terres agricoles. Parce qu'elles prennent différentes formes et qu'elles empruntent une variété d'approches, elles jouent un rôle de plus en plus important dans la conservation de la biodiversité au Canada. Leur taille et leur nombre augmentent depuis 85 ans, et les bénévoles sont leur pilier. Le nombre de fiducies foncières au Canada a plus ou moins doublé entre 1995 et 200514, pour représenter plus de 150 organismes1. En juin 2010, les 50 groupes membres de l'Alliance des organismes de conservation du Canada ont protégé plus de 27 000 km2 de terres grâce à la participation de près de 20 000 bénévoles, de plus de 200 000 membres et partisans, et de 800 employés15.

Servitudes de conservation dans les prairies

Nombre enregistré chaque année, de 1996 à 2006
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Ce graphique linéaire montre l’augmentation du nombre de servitudes de conservation enregistrées chaque année dans les Prairies de 1996 à 2006. Ce nombre a augmenté constamment, passant de 3 en 1996 à 190 en 2006.

 

Source : Adapté de Good et Michalsky, sous presse16.

Une servitude de conservation est un outil juridique qui impose des restrictions sur l'utilisation actuelle et future des terres par l'enregistrement de ces restrictions sur le titre foncier. Des quelque 1200 km2 de terres faisant l'objet de 1400 servitudes de conservation au Canada en 2007, environ 90 % étaient dans les Prairies (ce qui représente 70 % du nombre total de servitudes)16. Une bonne partie de l'habitat important pour la biodiversité des Prairies se trouve en terres agricoles, où 90 % des servitudes des prairies sont établies. Certaines utilisations agricoles, comme les pâturages, sont maintenues en vertu des servitudes. Le nombre de servitudes de conservation enregistrées chaque année dans les Prairies a augmenté, passant de moins de 10 en 1996 à plus de 180 en 200616.

Programmes de stimulants fiscaux : Ontario

Croissance du programme d'encouragement fiscal pour les terres protégées
De 1991 à 2008
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Ce graphique montre la croissance de la participation au programme d’encouragement fiscal pour les terres protégées, en Ontario, de 1991 à 2008. Une des deux courbes indique la superficie totale de terres enregistrées dans le cadre du programme, tandis que l’autre courbe indique le nombre de parcelles ainsi enregistrées. Certaines années ont connu un léger déclin, mais les deux courbes montrent que la participation au programme est passée de 4 894 parcelles occupant en tout 542 kilomètres carrés, en 1991, à 16 694 parcelles occupant en tout 2 168 kilomètres carrés, en 2008.

 

Source : Adapté du ministère des Richesses naturelles de l'Ontario, 200819.

En Ontario, deux initiatives à participation volontaire, soit le Programme d'encouragement fiscal pour les forêts aménagées et le Programme d'encouragement fiscal pour les terres protégées, sont des exemples de stimulants fiscaux offerts aux propriétaires de terres privées pour encourager l'intendance et la conservation de la biodiversité à long terme. Les deux programmes offrent un allégement de l'impôt foncier aux propriétaires qui protègent les valeurs de conservation de leur propriété, notamment celles des forêts, des milieux humides et de l'habitat des espèces en voie de disparition17, 18. La participation à ces deux initiatives a augmenté depuis leur mise sur pied. En 2008, plus de 11 000 propriétés avaient été inscrites au Programme d'encouragement fiscal pour les forêts aménagées, couvrant 7580 km2, et au-delà de 16 000 propriétés couvrant plus de 2170 km2 avaient été inscrites au Programme d'encouragement fiscal pour les terres protégées19.

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Photo : Remise en état d’un habitat à Blackie Spit, à Surrey (Colombie-Britannique) © M. Cuthbert
Remise en état d’un habitat à Blackie Spit, à Surrey (Colombie-Britannique)

Intendance axée sur la collectivité

Les initiatives d'intendance menées par les collectivités ou les particuliers sont l'un des secteurs d'intendance les plus prometteurs, où le potentiel de développement est grand20. Les projets d'intendance locaux inspirés des enjeux liés aux bassins versants et aux paysages à l'échelle locale visent à protéger et à conserver la biodiversité. On ne connaît pas le nombre total d'initiatives communautaires au Canada.

Lien entre les connaissances traditionnelles et scientifiques : inventaire des ressources côtières du Nunavut

Carte montrant la situation géographique d'Igloolik, Nunavut. Cliquez pour obtenir une description du graphique (nouvelle fenêtre).
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Cette carte du Canada montre la position d’Igloolik, près de l’île de Baffin, au Nunavut, dans l’Écozone+ de l’Arctique.

 

Les connaissances acquises par les dépositaires des connaissances traditionnelles et les scientifiques forment la base de nombreuses initiatives d'intendance et de gestion des ressources nordiques21-23. Les principes de l'« Inuit Qaujimajatuqangit » (connaissances traditionnelles inuites), par exemple, sont fondés sur l'expérience de nombreuses générations et de leur compréhension des écosystèmes et des conditions locales dans le Nord, et ce point de vue est intégré aux initiatives d'intendance. Le projet pilote d'Igloolik sur l'inventaire des ressources côtières du Nunavut, un programme de surveillance côtière concerté entre le gouvernement du Nunavut, l'Institut de recherches du Nunavut et l'organisation des chasseurs et des trappeurs d'Igloolik, entamé en 2007, utilise tant les connaissances des aînés de la collectivité que celles des scientifiques afin de produire une base de données, qui comprend des cartes des routes de migration des mammifères et une mine de renseignements sur l'utilisation des milieux côtiers par les mammifères marins. Les renseignements sont mis à la disposition de tous les partenaires de l'inventaire et servent de modèle pour tout travail de collaboration futur dans d'autres collectivités. Les inventaires peuvent être utilisés, par exemple, dans la mise sur pied de pêches durables, les plans de gestion côtière, les évaluations de l'impact sur l'environnement, les cartographies des zones vulnérables, la planification communautaire, l'aménagement de parcs côtiers et comme moyen pour préserver les connaissances écologiques locales24.

Protection des eiders grâce à l’intendance communautaire, au Labrador

Carte montrant la situation géographique de la baie Saint-Pierre, à Labrador. Cliquez pour obtenir une description du graphique (nouvelle fenêtre).
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Cette carte du Canada montre la position de la baie Saint-Pierre, sur la côte nord-est du Labrador, dans l’Écozone+ de la Taïga du bouclier.

 

Beaucoup de collectivités côtières colonisent et utilisent les ressources côtières depuis fort longtemps; les habitants de la baie Saint-Pierre, à Terre-Neuve-et-Labrador, offrent un bon exemple d'intendance côtière communautaire. Les petites îles procurent à l'Eider à duvet un habitat de nidification essentiel. Il est primordial de limiter les perturbations et la prédation pendant la période de nidification pour assurer sa survie. Depuis 2003, les habitants de la baie Saint-Pierre installent et s'occupent des abris de nidification afin de protéger les nids et les canetons, et sensibilisent leurs collectivités aux bonnes pratiques d'intendance25. En 2009, trois collectivités de la baie Saint-Pierre ont reconnu l'importance de la baie pour les quelque 650 couples d'Eiders à duvet qui y établissent leur nid25, et ont poussé plus loin leur engagement en matière d'intendance en concluant une entente d'intendance côtière avec le gouvernement provincial pour assurer la durabilité à long terme de la population d'eiders grâce à la conservation d'environ 38 km2 d'habitat.

Photo : Eider à duvet © Leslie Hamel Photo : Membres de la collectivité en train d’installer des abris pour les eiders © Jason Foster

 
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