Contaminants

Contaminants

Retournez à la table des matières

Rétablissement des populations de faucons pèlerins au Canada

Nombre de sites occupés par les faucons pèlerins, de 1970 à 2005
Graphe : Nombre de sites occupés par les faucons pèlerins. Cliquez pour obtenir une description du graphique (nouvelle fenêtre).
Description longue pour Rétablissement des populations de faucons pèlerins au Canada

Ce diagramme à barres montre l’augmentation du nombre de sites occupés par les faucons pèlerins au Canada de 1970 à 2005. Le nombre de sites occupés était le suivant : 94 en 1970; 123 en 1975; 180 en 1980; 224 en 1985; 400 en 1990; 443 en 1995; 523 en 2000; et 662 en 2005.

 
Source : Données tirées de COSEPAC, 20076.
Photo : Faucon pèlerin © Gordon Court

L'histoire des faucons pèlerins montre que les contaminants peuvent avoir des effets considérables sur la biodiversité et que l'interdiction et la restriction de ces substances sont efficaces. Les populations de faucons pèlerins au Canada ont chuté de façon spectaculaire entre les années 1950 et 1970, principalement en raison de l'amincissement de la coquille des oeufs causée par le DDT et ses produits de dégradation6. À la suite de l'interdiction du DDT au Canada en 1970 (en 1972 aux États-Unis et en 2000 au Mexique), sa présence dans l'environnement a lentement diminué. Les mesures de conservation et les réintroductions de faucons ont favorisé la croissance des populations à partir du moment où les concentrations de DDT sont devenues suffisamment faibles pour que les oeufs puissent éclore normalement. Dans certaines régions du Canada, comme la vallée de l'Okanagan en Colombie-Britannique, les concentrations résiduelles de DDT sont peut-être encore trop élevées pour permettre aux faucons pèlerins de nicher avec succès7.

Retournez à la table des matières
 

Tendances des contaminants

Concentrations en parties par million, (échelle logarithmique)
Carte et graphiques : Tendances des contaminants pour diverses espèces au Canada. Cliquez pour obtenir une description du graphique (nouvelle fenêtre)
Description longue pour Tendances des contaminants

Ces graphiques indiquent les teneurs en contaminants dans plusieurs espèces sauvages à certains endroits au Canada, à diverses époques. Les endroits sur lesquels portent les huit graphiques sont représentés sur une carte du Canada. Chaque graphique consiste en une série de graphiques linéaires sur les teneurs en contaminants dans une espèce donnée et à un endroit donné, et précise les types de contaminants et les années selon la disponibilité des données. Pour l’ensemble des contaminants, les unités représentées sur les graphiques sont des parties par million (ppm). Les points de données sont cartographiés et réunis par des lignes – aucune tendance statistique ne figure sur les graphiques. Dans l’ensemble, les graphiques indiquent surtout des tendances à la baisse pour les teneurs en BPC et en DDE ou DDT, des tendances variables pour les teneurs en mercure, et des tendances générales à la hausse pour les teneurs en PBDE. Les tendances à la hausse des teneurs en PBDE se sont généralement arrêtées ou ont été inversées durant les dernières années. Sauf indication contraire dans les descriptions qui suivent, les deux années pour lesquelles des valeurs sont présentées sont la première année d’échantillonnage et l’année d’échantillonnage la plus récente.

Voici les faits saillants révélés par chaque graphique, pour chaque endroit :

  1. Ce graphique montre les teneurs en contaminants dans les œufs de guillemot de Brünnich de l’île Prince Leopold, dans l’Arctique. Les teneurs en BPC ont diminué (passant de 2,4 ppm en 1975 à 0,97 ppm en 2008). Les teneurs totales en DDT ont diminué (passant de 2,0 ppm en 1975 à 1,2 ppm en 2008). Les teneurs en mercure ont augmenté (passant de 0,6 ppm en 1975 à 1,5 ppm en 2009). Dans l’ensemble, les teneurs en PBDE ont augmenté, puis ont diminué récemment; elles sont passées de la très faible valeur de 0,0044 ppm en 1975 à un maximum de 0,046 ppm en 2006, puis ont diminué jusqu’à 0,015 ppm en 2008.
  2. Ce graphique montre les teneurs en contaminants dans la graisse de béluga à proximité de Pangnirtung, dans l’Archipel arctique. Les teneurs en BPC ont diminué (passant de 4,1 ppm en 1982 à 2,7 ppm en 2008). Les teneurs totales en DDT ont diminué (passant de 5,1 ppm en 1982 à 1,3 ppm en 2008). Les teneurs en PBDE ont augmenté (passant de 0,004 ppm en 1982 à 0,021 ppm en 2008, et ont varié mais n’ont pas augmenté depuis environ 2000). Les données sur le mercure n’étaient pas disponibles.
  3. Ce graphique montre les teneurs en contaminants dans les œufs de cormoran à aigrettes de l’estuaire du Saint‑Laurent. Les teneurs en BPC ont diminué (passant de 16 ppm en 1972 à 3,1 ppm en 2004). Les teneurs en DDE ont diminué (passant de 5,6 ppm en 1972 à 0,55 ppm en 2004). Les données sur le mercure et le PBDE n’étaient pas disponibles.
  4. Ce graphique montre les teneurs en contaminants dans les œufs de cormoran à aigrettes de la baie de Fundy. Les teneurs en BPC ont diminué (passant de 19 ppm en 1972 à 1,3 ppm en 2004). Les teneurs en DDE ont diminué (passant de 6,6 ppm en 1972 à 0,31 ppm en 2004). Les données sur le mercure et le PBDE n’étaient pas disponibles.
  5. Ce graphique montre les teneurs en contaminants dans le touladi du lac Ontario. Les teneurs en BPC ont diminué (passant de 6,3 ppm en 1982 à 1,2 ppm en 2002). Les teneurs totales en DDT ont diminué aussi durant la même période (passant de 1,9 ppm en 1982 à 0,63 ppm en 2002). Les teneurs en PBDE ont augmenté (passant de 0,27 ppm en 1979 à 3,3 ppm en 1993), puis ont commencé à diminuer, la plus récente valeur mesurée étant de 1,7 ppm en 2004). Les données sur le mercure n’étaient pas disponibles.
  6. Ce graphique montre les teneurs en contaminants dans les œufs de goéland argenté du lac Ontario. Les teneurs en BPC ont diminué par plus d’un ordre de grandeur (passant de 9,5 ppm en 1981 à 0,41 ppm en 2005), comme l’ont fait les teneurs en DDE (passant de 23 ppm en 1974 à 1,6 ppm en 2007). Les teneurs en mercure ont diminué (passant de 0,46 ppm en 1974 à 0,30 ppm en 2007). Les teneurs en PBDE ont augmenté et ont eu tendance à se stabiliser au cours des dernières années (passant de 0,009 ppm en 1981 à 0,41 ppm en 2005).
  7. Ce graphique montre les teneurs en contaminants dans les œufs de cormoran à aigrettes du détroit de Georgia. Les teneurs en BPC ont diminué par plus d’un ordre de grandeur (passant de 14 ppm en 1970 à 0,84 ppm en 2002). Les teneurs en DDE ont diminué (passant de 4,07 ppm en 1970 à 1,38 ppm en 2002). Les teneurs en PBDE ont augmenté considérablement jusqu’au milieu des années 1990 (passant de 0,0002 ppm en 1979 à 0,39 ppm en 1994), puis ont diminué lentement (0,063 ppm en 2002). Les données sur le mercure n’étaient pas disponibles.
  8. Ce graphique montre les teneurs en contaminants dans la lotte du fleuve Mackenzie. Les teneurs en BPC présentent peu de tendances; elles varient de 0,11 à 0,28 ppm, de 1988 à 2008. Les teneurs totales en DDT n’ont présenté aucune tendance du milieu des années 1980 au début des années 2000 (variant de 0,05 à 0,06 ppm), puis ont montré une certaine variabilité, et certains maximums plus prononcés (variant de 0,06 à 0,17 ppm dans les mesures annuelles de 2002 à 2008). Les teneurs en PBDE ont augmenté fortement (passant de 0,0004 ppm en 1988 à 0,0052 ppm en 2006), puis ont diminué considérablement au cours des deux années d’échantillonnage les plus récentes (passant de 0,0020 ppm en 2007 à 0,00094 ppm en 2008). Les teneurs en mercure ont augmenté (passant de 0,22 ppm en 1985 à 0,41 ppm en 2008).
 
Sources : Lotte – Stern, 20098; guillemot – Braune, 20079, mis à jour par l'auteur, béluga – Stern, 200910 et Tomy, 200911; cormorans et goélands – Environnement Canada, 200912; touladi – Carlson et al., 201013 et Ismail et al., 200914.

Les graphiques montrent l'étendue des tendances et des teneurs de deux contaminants hérités (BPC et DDT), du mercure et d'un contaminant nouveau (PBDE) chez des animaux sauvages. Les quantités et les tendances observées sont liées en partie à la proximité des sources de contaminants et en partie à d'autres facteurs qui ont une influence sur l'exposition des animaux aux contaminants et sur l'absorption de ceux-ci, y compris l'échelon des animaux dans le réseau trophique. Les teneurs en contaminants doivent être comparées d'un graphique à l'autre de manière générale seulement, étant donné que les ensembles de données ne sont pas tous comparables sur le plan des types de tissus échantillonnés et des méthodes d'analyse et de compte rendu des données.

Remarque : Le 1,1-dichloro-2,2-bis(4-chlorophényl) éthène (DDE) est un produit de dégradation du DDT.

Retournez à la table des matières

Tendances des concentrations de contaminants dans les Grands Lacs

Les contaminants hérités et le mercure sont généralement en déclin dans les Grands Lacs en raison du nettoyage des sites contaminés et de la réduction de la pollution4, 13. Toutefois, les volumes importants d'eau et de sédiments agissent comme un réservoir, c'est-à-dire que les sédiments continuent de libérer des contaminants, qui se retrouvent dans l'eau et les réseaux trophiques ou qui se déposent de nouveau dans les sédiments19, 20. Qui plus est, des contaminants continuent de se retrouver dans les lacs en raison du transport atmosphérique à grande distance21 et des rejets industriels de mercure ont toujours lieu dans le bassin des Grands Lacs4. Le résultat net est que le déclin du mercure et de certains contaminants hérités a ralenti dans certaines régions des Grands Lacs, de sorte qu'ils y sont toujours présents à des concentrations préoccupantes. Cette situation devrait persister un certain temps13,20 .

Les concentrations d'ignifugeants bromés (PBDE) ont rapidement augmenté chez les poissons et les oiseaux à partir du début des années 198022-24, mais aujourd'hui, elles sont stables ou en déclin en raison des mesures adoptées pour réduire l'utilisation et les rejets de ces substances24, 25. Bien d'autres contaminants nouveaux ont plus récemment été trouvés dans des échantillons environnementaux, souvent à l'état de traces, mais on en connaît peu sur le risque que la plupart d'entre eux présentent pour les écosystèmes26. Parmi les substances chimiques préoccupantes, mentionnons le perfluorooctanesulfonate (PFOS) qui est présent dans les enduits imperméabilisants et les mousses extinctrices. Cette substance s'accumule dans les réseaux trophiques et a été détectée dans des échantillons de poisson prélevés partout dans les Grands Lacs27. Les contaminants nouveaux comprennent également des substances perturbatrices du système endocrinien qui proviennent de diverses sources, dont les produits pharmaceutiques. Le développement anormal des gonades chez les poissons constitue un exemple de leurs effets potentiels28. De nombreux contaminants nouveaux ne proviennent pas d'émissions industrielles, mais plutôt de l'utilisation et de l'élimination de produits de santé et d'hygiène personnelle ainsi que d'autres produits de consommation, ce qui nécessite de nouvelles approches de gestion des risques pour les contaminants dans les Grands Lacs26.

Interactions des contaminants et des changements environnementaux

Les modifications des conditions environnementales causées par des facteurs de stress, par exemple les changements climatiques et la présence d'espèces non indigènes envahissantes, peuvent, dans certains cas, rendre la faune plus vulnérable aux contaminants. Les changements environnementaux se traduisant par des modifications du débit et de la chimie de l'eau ainsi que des réseaux trophiques peuvent accroître l'exposition de certaines espèces aquatiques aux contaminants15, 16. Les interactions peuvent aussi rendre les animaux plus vulnérables aux effets des contaminants. Par exemple, l'alimentation des salmonidés dans les Grands Lacs comprend maintenant le gaspareau, une espèce de poisson non indigène envahissante, ce qui entraîne une carence de thiamine (vitamine B1) pouvant augmenter le taux de mortalité des jeunes poissons si elle est jumelée aux effets de contaminants comme les BPC17.

Effets de la diminution de la glace de mer sur la teneur en contaminants des phoques et des ours blancs

Photo : Phoques barbus © iStock.com/micheldenijsLes changements des conditions de la glace de mer font en sorte que les ours blancs de l'ouest de la baie d'Hudson consomment moins de phoques barbus (qui se nourrissent d'invertébrés) et plus de phoques d'eau libre (qui s'alimentent de poissons)18. Étant donné que la chair des phoques qui consomment des poissons contient davantage de contaminants, la concentration des contaminants hérités chez les ours blancs n'est peut-être pas en train de diminuer autant que ce à quoi on aurait pu s'attendre si leur régime alimentaire n'avait pas changé, et les concentrations des contaminants nouveaux pourraient être en train d'augmenter à un rythme plus rapide. Par exemple, on estime que l'augmentation de la concentration des ignifugeants bromés (PBDE) chez les ours blancs de l'ouest de la baie d'Hudson a été 28 % plus rapide durant la période allant de 1991 à 2007 que celle qui aurait eu lieu si les ours avaient conservé le même régime alimentaire18.

Effets des changements dans le régime des incendies sur la teneur en mercure des poissons

Photo : Épilobe à feuilles étroites © dreamstime.com/kongxinzhuDes changements dans le régime des feux peuvent favoriser la prolifération des algues dans les lacs et augmenter la teneur des poissons en contaminants. Une étude menée dans le parc national de Jasper16 a révélé que les incendies dans le bassin versant d'un lac en 2000 avaient augmenté l'apport d'éléments nutritifs dans le lac pendant plusieurs années. Cet apport a entraîné une augmentation de la production d'algues, qui a engendré une augmentation de l'abondance des invertébrés, rendant le réseau trophique du lac plus complexe. Résultat : une augmentation de la bioaccumulation de mercure chez le touladi et la truite arc-en-ciel.

Retournez à la table des matières

BPC dans les poissons des Grands Lacs

Concentrations totales de BPC chez les touladis (dorés jaunes dans le lac Érié) Parties par million (échelle logarithmique), de 1972 à 2002
Graphe : BPC dans les poissons des Grands Lacs. Cliquez pour obtenir une description du graphique (nouvelle fenêtre).
Description longue pour BPC dans les poissons des Grands Lacs

Ce graphique linéaire montre les concentrations totales de BPC dans le touladi (doré jaune dans le lac Érié) des Grands Lacs, de 1972 à 2002. Les données portent sur les lacs Supérieur, Huron, Michigan, Érié et Ontario. Les concentrations de BPC dans les poissons ont diminué dans tous les lacs, du début au milieu des années 1970 et jusqu’au milieu des années 1980. Les plus fortes concentrations de BPC étaient supérieures à 10 parties par million dans le touladi du lac Michigan au début des années 1970, et les concentrations les plus faibles étaient inférieures à 0,5 partie par million dans le touladi du lac Supérieur à la fin des années 1980. Depuis le milieu des années 1980, les concentrations de BPC dans les poissons des Grands Lacs ont connu une lente diminution ou présenté aucune tendance.

 
Source : Adapté de Carlson et al., 201013.

Les concentrations de BPC chez les poissons ont décliné rapidement jusqu'au milieu des années 1980, diminuant de moitié tous les trois à six ans. Depuis ce temps, elles diminuent lentement ou ne présentent pas de tendance significative13.

Retournez à la table des matières

Effets des contaminants sur la faune

Les polluants organiques persistants, ainsi que le mercure, ont tendance à s'accumuler davantage dans les écosystèmes aquatiques que dans les écosystèmes terrestres. Les concentrations sont amplifiées à mesure qu'ils cheminent vers le haut du réseau trophique, ce qui signifie qu'on observe les plus fortes concentrations de contaminants chez les prédateurs de niveau trophique supérieur, tout particulièrement les mammifères marins et les oiseaux piscivores.

À l'heure actuelle, il n'y a aucune preuve d'effets répandus associés à des contaminants chez la faune de l'Arctique canadien, bien que les ours blancs du sud et de l'ouest de la baie d'Hudson, ainsi que certains oiseaux marins de Haut-Arctique, montrent des teneurs en contaminants qui pourraient les mettre à risque3. Cependant, les données actuelles sont fondées seulement sur des études de quelques espèces et reposent généralement sur les effets d'un seul contaminant. Il existe peu de données sur les effets des mélanges de contaminants auxquels sont exposées les espèces sauvages ainsi que sur les interactions des contaminants et des autres changements dans les écosystèmes3.

Les teneurs en contaminants sont beaucoup plus élevées dans certaines régions du sud du Canada qu'elles le sont dans l'Arctique (voir les graphiques précédents sur les tendances des contaminants). Chez les espèces sauvages, elles dépassent souvent les valeurs seuils à partir desquelles on observe des effets biologiques dans le cadre d'études en laboratoire (habituellement chez d'autres espèces que celles qui sont préoccupantes dans la nature). Bien qu'une preuve plus directe des effets des contaminants sur la faune soit difficile à obtenir, les liens entre les concentrations élevées de contaminants et les effets observés, par exemple des tumeurs, des gonades anormales ou un faible succès de reproduction17, 28, soulèvent des préoccupations quant à la conservation de certaines espèces. L'un des effets connus les plus probants est l'amincissement de la coquille des oeufs d'oiseaux causé par le DDT29. Par ailleurs, on croit que les concentrations élevées de contaminants contribuent au déclin de plusieurs populations d'espèces sauvages, notamment les Goélands argentés dans les Grands Lacs30 et les bélugas dans l'estuaire du Saint-Laurent31, 32.

Contaminants chez les épaulards au large de la côte du Pacifique

Teneurs moyennes d'échantillons de tissus prélevés d'épaulards, au milieu des années 1990, en parties par million
Carte et graphiques : Concentration de contaminants dans trois populations d'épaulards au large de la côte du Pacifique. Cliquez pour obtenir une description du graphique (nouvelle fenêtre).
Description longue pour Contaminants chez les épaulards au large de la côte du Pacifique

Ces diagrammes à barres présentent les teneurs moyennes en BPC et en PBDE d’échantillons de tissus prélevés dans les trois populations d’épaulards au large de la côte de la Colombie‑Britannique, au milieu des années 1990. Ils sont accompagnés d’une carte montrant la répartition des trois populations. Les épaulards résidants du nord se trouvent depuis la frontière côtière avec l’Alaska jusqu’à, vers le sud, approximativement les deux tiers de la côte de l’île de Vancouver; les épaulards résidants du sud se trouvent depuis le territoire des résidants du nord jusqu’au Puget Sound et au large du nord de la presqu’île Olympique. Les épaulards migrateurs se trouvent au large de l’ensemble de la côte de la Colombie‑Britannique et dans le Puget Sound.

Les teneurs moyennes en BPC étaient les suivantes : épaulards migrateurs, 250 parties par million; épaulards résidants du sud, 150 parties par million; épaulards résidants du Nord, 40 parties par million. Ces valeurs dépassent largement la concentration seuil pour le phoque commun, qui est de 10 parties par million. Cette concentration seuil correspond à la concentration à laquelle des effets toxiques des BPC ont été détectés durant des essais menés sur des phoques communs. Les teneurs moyennes en PDBE étaient les suivantes : épaulards migrateurs, 1 000 parties par million; épaulards résidants du sud, 975 parties par million; épaulards résidants du nord, 200 parties par million. On ne connaît pas la concentration seuil de PBDE pour l’épaulard ou des espèces apparentées.

 
Source : Adapté de Ross, 200633.

On sait que les BPC et les PBDE ont des effets négatifs sur le développement neurologique, le développement du système reproducteur et le fonctionnement du système immunitaire de mammifères marins33. Étant donné que les épaulards sont des prédateurs de niveau trophique supérieur qui ont une longue durée de vie, ils accumulent des concentrations élevées de polluants organiques persistants, notamment les BPC et les PBDE29, 34, 35. Les concentrations de BPC mesurées chez les trois populations d'épaulards qui vivent le long de la côte de la Colombie-Britannique dépassent les valeurs auxquelles on a observé des effets sur la santé chez les phoques communs33, et les teneurs en BPC mesurées dans deux de ces populations sont parmi les plus élevées jamais enregistrées chez des mammifères marins à l'échelle mondiale35.

La forte variation des concentrations de contaminants parmi les populations est liée à leurs habitudes alimentaires. Les épaulards migrateurs se nourrissent de mammifères marins, ce qui les situe plus haut dans le réseau trophique, alors que les deux populations d'épaulards résidants se nourrissent surtout de saumons qui absorbent des contaminants provenant de sources mondiales dans l'océan Pacifique Nord29. Les épaulards résidants du sud consomment également des proies qui ingèrent des contaminants provenant des eaux résiduaires industrielles le long de la côte sud de la Colombie-Britannique et de la côte nord-ouest de l'État de Washington, d'où une plus forte accumulation de BPC et de PBDE29. Ces contaminants ou d'autres contaminants pourraient contribuer au déclin de cette population d'épaulards en voie de disparition (voir Zones marines)36.

Photo : Épaulards © iStock.com/ElsvanderGun
  Épaulards