Dépôts acides

Dépôts acides

Sensibilité du sol et seuils

Les écosystèmes possèdent différents degrés de sensibilité à l'acide selon leur géologie et les sols. Ainsi, le taux maximal de dépôts acides qu'un sol peut tolérer sans porter atteinte à son intégrité écologique, soit la « charge critique », diffère d'un écosystème à l'autre13. Les sols sensibles à l'acide reposent généralement sur un substrat rocheux légèrement soluble, recouvert d'une mince couche de sol d'origine glaciaire14. Ils possèdent une moins grande capacité tampon.

Régions où les dépôts acides dépassent la charge critique dans le bouclier boréal
Nombre d'unités au-dessus de la charge critique, 2009
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Ce graphique renferme deux diagrammes à secteurs qui résument les tendances des concentrations d’azote et de phosphore entre 1990 et 2006 dans les plans d’eau au Canada. Des 83 sites où on a surveillé les concentrations de nitrates–nitrites, 28 % ont présenté des tendances à la hausse; 12 % des tendances à la baisse; et 60 %, aucun changement. Des 76 sites où on a surveillé les concentrations de phosphore, 21 % ont présenté des tendances à la hausse; 29 %, des tendances à la baisse; et 50 %, aucun changement.

 
 
Source : Carte adaptée de Jeffries et al., 201018.

Les charges critiques peuvent être dépassées soit lorsque des sols extrêmement sensibles reçoivent de faibles concentrations de dépôts acides, soit lorsque des sols moins sensibles reçoivent des concentrations élevées de dépôts acides. La carte montre les endroits où les charges critiques ont été dépassées dans le Bouclier boréal. Le potentiel de dépassement des charges critiques dans le nord-ouest de la Saskatchewan est également préoccupant en raison du haut degré de sensibilité à l'acide de nombreux lacs dans cette région (68 % des 259 lacs évalués en 2007-2008) et de leur situation en aval des émissions acidifiantes provenant de l'exploitation pétrolière et gazière15. De façon similaire, les émissions de soufre liées au transport dans le sud-ouest de la Colombie-Britannique sont de plus en plus problématiques, comme en témoigne le dépassement des charges critiques terrestres dans 32 % du bassin de Georgia en 2005-200616.

Sensibilité du sol à l'acidité
Indice de la charge critique, 2008
Les catégories du jaune au rouge correspondent aux sols sensibles à l'acide
Carte : Sensibilité du sol à l’acidité. Cliquez pour obtenir une description du graphique (nouvelle fenêtre).
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Ce graphique renferme deux diagrammes à secteurs qui résument les tendances des concentrations d’azote et de phosphore entre 1990 et 2006 dans les plans d’eau au Canada. Des 83 sites où on a surveillé les concentrations de nitrates–nitrites, 28 % ont présenté des tendances à la hausse; 12 % des tendances à la baisse; et 60 %, aucun changement. Des 76 sites où on a surveillé les concentrations de phosphore, 21 % ont présenté des tendances à la hausse; 29 %, des tendances à la baisse; et 50 %, aucun changement.

 
Source : Carte adaptée de Jeffries et al., 201017.

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Photo : Lacs du Bouclier boréal © Roy Neureuther, EC – S et T de l’eau
Lacs du Boucler boréal

Tendances des concentrations de sulfate et de l’acidité des lacs du bouclier boréal

Sulphates (microéquivalent par litre), de 1972 à 2008
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Ce graphique comporte deux graphiques de cinq lignes chacun, qui indiquent les tendances des concentrations de sulfates et du pH dans cinq lacs de l’Écozone+ du Bouclier boréal. Les données sur les lacs Clearwater et Rawson ont été recueillies de 1973 à 2007, et celles sur les lacs Plastic, Batchawana et Laflamme, de 1982 à 2007. Le premier graphique montre une diminution générale des concentrations de sulfates dans les cinq lacs malgré certaines fluctuations annuelles. Dans le lac Clearwater (à proximité de Sudbury), les concentrations de sulfates ont connu une diminution marquée, passant de près de 600 microéquivalents par litre en 1973 à près de 200 microéquivalents par litre en 2007. Pour la même période, les quatre autres lacs présentent des diminutions moins marquées de moins de 100 microéquivalents par litre.

Le second graphique linéaire montre les fluctuations du pH dans chacun des lacs durant la même période. Le pH a augmenté considérablement dans le lac Clearwater, passant de juste au‑dessus de 4,0 en 1972 à environ 6,3 en 2007. L’augmentation du pH y a été constante jusqu’en 1990, année à compter de laquelle le pH a augmenté plus rapidement jusqu’à ce qu’il recommence à diminuer encore au début des années 2000. Dans les autres lacs, le pH varie d’année en année et ne montre aucune tendance pour la même période.

Une carte en médaillon indique où sont situés les cinq lacs, répartis le long de la limite sud de l’Écozone+ du Bouclier boréal.

 
La réponse du lac Clearwater est liée à sa proximité des sources d'émissions de dioxyde de soufre à Sudbury.
Source : Adapté de Jeffries et al., 200319.

De 1980 à 2006, les émissions de dioxyde de soufre au Canada et aux États-Unis ont chuté d'environ 45 %, et les émissions d'oxydes d'azote ont diminué d'environ 19 %20. Bien que l'on ait relevé des diminutions marquées de la présence de sulfates dans les lacs peu après les réductions d'émissions19-21, la réponse de l'acidité des lacs (mesurée par le pH) s'est manifestée lentement et de façon moins généralisée, ce qui est, en partie attribuable aux diminutions de calcium, également en lien avec les dépôts acides20. Les chutes de calcium ont également menacé certaines espèces clés de zooplancton22. Des améliorations encourageantes sur le plan biologique ont été remarquées à certains endroits1,21, 23-26. Même à la suite d'une récupération chimique, les communautés biologiques risquent de ne pas retrouver leur condition précédant l'acidification, car de nombreux facteurs autres que l'acidité exercent une influence sur le rétablissement biologique23, 27.

Effets de l’acidification sur le saumon de l'Atlantique

État des rivières à saumons en Nouvelle-Écosse, 1996
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Cette carte de la Nouvelle-Écosse indique où sont situées les rivières à saumon du sud, de l’est et de l’ouest de la province ainsi que l’état de ces rivières en 1996. Quatorze migrations de saumon atlantique, la plupart dans le sud-est de la province, dont deux à proximité de Halifax, avaient disparu. Vingt rivières n’hébergeaient que des populations reliques, et certains affluents de 15 autres rivières avaient été touchés par un appauvrissement des migrations de saumons.

 
Source : Adapté de Watt et al., 200028.

Malgré les plus faibles taux de dépôts acides enregistrés dans l'est de l'Amérique du Nord, l'écozone+ maritime de l'Atlantique détient les eaux parmi les plus acides en raison du faible pouvoir tampon du sol29, 30. Aucun changement mesurable du pH ne s'est produit malgré les diminutions d'émissions de dioxydes de soufre. Ce phénomène a fait en sorte qu'il s'agit de l'habitat du poisson le plus gravement atteint en Amérique du Nord29. Le saumon atlantique est extrêmement sensible à l'acidité et, en 1996, 14 migrations de saumon atlantique sur le littoral de la Nouvelle-Écosse ont disparu à cause de l'acidité de l'eau, 20 autres ont subi des répercussions sévères, alors que 15 autres ont été légèrement touchées28. On s'attend à ce que le rétablissement des propriétés chimiques de l'eau et de l'environnement prenne des décennies de plus en Nouvelle-Écosse qu'ailleurs au Canada28-30.

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