Canada Objectif 8

D’ici 2020, toute forme d’aquaculture au Canada est gérée But B dans le cadre d’un régime scientifique qui préconise l’utilisation durable des ressources aquatiques (y compris les ressources marines, celles d’eau douce et terrestre) par des moyens qui conservent la biodiversité.

 

Indicateur :

À propos de l’objectif

L’aquaculture désigne la culture d’espèces aquatiques à des fins de commercialisation, de transformation, de vente et de consommation. L’industrie de l’aquaculture au Canada est de plus en plus importante pour l’économie du pays. La presque totalité des provinces et territoires canadiens, y compris un grand nombre de régions rurales et côtières et de communautés autochtones, mènent des activités aquacoles.

L’aquaculture représente environ un tiers de la valeur totale des pêches canadiennes et environ 20 % de la production totale de fruits de mer. Le saumon de l’Atlantique et le saumon quinnat, la truite, l’omble chevalier, la moule, l’huître et la palourde sont des industries d’aquaculture bien établies. Le Canada est le quatrième producteur mondial de saumon d’élevage et la moule est le principal produit d’exportation de la conchyliculture.

Ces activités ont des répercussions sur de nombreuses régions rurales et côtières, y compris de nombreuses communautés autochtones. Une gestion permanente active et adaptée aux besoins ainsi que des consultations avec les différents ordres de gouvernement, l’industrie et les groupes autochtones s’avèrent essentielles pour assurer la santé des écosystèmes où des activités d’aquaculture sont menées. Elles permettent aussi l’atténuation des répercussions environnementales grâce à des mesures de gestion et à des règlements s’appuyant sur des données scientifiques sur l’aquaculture afin d’encourager une industrie durable et novatrice concurrentielle à l’échelle mondiale.

L’objectif 8 du Canada est liée à l’objectif d'Aichi mondial suivant dans le cadre du Plan stratégique 2011-2020 pour la diversité biologique de la Convention des Nations Unies sur la diversité biologique :

  • Aichi Objectif 4 – D’ici à 2020 au plus tard, les gouvernements, les entreprises et les parties prenantes, à tous les niveaux, ont pris des mesures, ou mis en œuvre des plans, pour assurer la production et la consommation durables et maintenu l’utilisation des ressources naturelles dans des limites écologiques sûres.
  • Aichi Objectif 7 – D’ici à 2020, les zones consacrées à l’agriculture, l’aquaculture et la sylviculture sont gérées d’une manière durable, afin d’assurer la conservation de la diversité biologique.

 


Évaluation provisoire des progrès de 2018

En voie deréaliser l’objectif icôneL’approche du Canada pour progresser vers un régime aquacole fondé sur la science d’ici 2020 consiste à établir un cadre réglementaire appuyé par les meilleurs avis scientifiques disponibles. Dans cette optique, en 2013, le Canada a renouvelé le Programme d’aquaculture durable, poursuivant ainsi son engagement en accordant 54 millions de dollars sur cinq ans pour les réformes réglementaires en cours et la recherche scientifique en aquaculture. Ce financement a été renouvelé en 2018 avec un engagement de 22 millions de dollars sur deux ans.

Ces investissements ont appuyé la recherche scientifique, y compris les évaluations de l’incidence de l’aquaculture sur l’abondance et la diversité du saumon rouge sauvage du fleuve Fraser en Colombie-Britannique, ainsi que des travaux sur la capacité de production de mollusques et de crustacés à l’Île-du-Prince-Édouard.

Le Canada a accru son investissement dans la recherche scientifique en aquaculture dans le cadre du Programme de recherche sur la réglementation de l’aquaculture qui, d’une part, finance les recherches visant à faire progresser la compréhension des interactions entre l’aquaculture et l’environnement aquatique et, d’autre part, appuie la mise en place d’un cadre réglementaire destiné à protéger la biodiversité et à accroître la production de poissons et fruits de mer. Dans le cadre de ce programme, des outils scientifiques et réglementaires ont été élaborés ou mis à jour pour tenir compte des répercussions environnementales de l’aquaculture. Les projets de recherche portent sur des enjeux propres aux régions qui découlent des activités aquacoles ou sur ceux qui sont jugés les plus pertinents pour améliorer la gestion au niveau des fermes aquacoles. Par exemple, un projet réalisé en 2015 au lac Diefenbaker, en Saskatchewan, a évalué les répercussions possibles des élevages en cage sur les populations de poissons sauvages dans le but de contribuer à l’élaboration de normes réglementaires et de méthodes d’évaluation. Un autre projet en cours dans le golfe du Saint-Laurent vise à décrire l’étendue et l’effet des interactions entre les activités de mytiliculture et les homards adultes, y compris le mouvement des homards à l’intérieur et autour des sites de mytiliculture, leur disponibilité pour la pêche et l’influence de la mytiliculture sur l’état des homards.

La recherche a également éclairé l’élaboration du premier règlement national sur l’aquaculture. Connu sous le nom de Règlement sur les activités liées à l’aquaculture (RAA), ce règlement pris en vertu de la Loi sur les pêches fédérale contient des dispositions qui appuient la prévention de la pollution et visent à réduire au minimum les dommages accessoires au poisson et à son habitat causés par les activités aquacoles.

Les règlements et les normes élaborés pour l’aquaculture sont appliqués principalement au moyen de conditions de permis d’aquaculture. Un exploitant est tenu de mettre en œuvre des plans de gestion de l’exploitation qui comprennent, entre autres, la gestion des maladies et des parasites, la prévention des fuites de poissons d’élevage dans l’environnement, la surveillance environnementale et la prévention du rejet de substances nocives dans les eaux poissonneuses. Les taux de conformité (évalués d’après les accusations portées) étaient de 98 % en 2011-2014 et sont passés à 100 % en 2015-2017. (Veuillez noter que la méthodologie associée au calcul de cet indicateur fait actuellement l’objet d’un examen. Si toutes les infractions détectées durant l’inspection des sites [y compris les infractions mineures pour lesquelles aucune accusation n’a été portée] sont incluses, le taux de conformité était de 83 % en 2017-2018. Cette méthode offre un plus haut niveau de granularité et de transparence quant à la conformité de l’industrie aux règlements et normes sur l’aquaculture.)

Il existe d’autres outils pertinents pour promouvoir l’utilisation durable des ressources aquatiques et la conservation de la biodiversité, par exemple le Code national sur l’introduction et le transfert d’organismes aquatiques de 2017, qui réglemente le déplacement intentionnel d’organismes aquatiques vivants (c.-à-d. poissons, mollusques et crustacés et végétaux) d’un plan d’eau à un autre. Ce Code permet de réduire les risques de propagation non intentionnelle de maladies ou d’organismes nuisibles, de modification de la composition génétique des espèces indigènes ou d’autres effets négatifs sur les écosystèmes environnants.

En outre, un système de rapports publics est en voie d’être créé pour démontrer l’engagement pris par le Canada et la responsabilité de l’industrie à l’égard de la production durable des produits de la mer. L’industrie de l’aquaculture prend également des mesures pour démontrer son engagement à l’égard des objectifs du Canada en matière de biodiversité en adoptant une certification par une tierce partie. Cette certification montre que l’exploitant respecte des normes complètes en matière d’environnement et de salubrité des aliments. À l’heure actuelle, au Canada, toutes les grandes entreprises salmonicoles, ainsi que certaines entreprises de mytiliculture et certains fournisseurs d’aliments pour animaux ont atteint divers niveaux de certification.

 

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