Canada Objectif 7

D’ici 2020, les paysages exploités agricoles fournissent un But B niveau stable ou amélioré de biodiversité et de capacité d’habitat.

 

Indicateurs :

 

À propos de l’objectif

La production agricole bénéficie des services écosystémiques assurés par la biodiversité, comme le cycle des nutriments, la formation de sol, la purification de l’eau et la pollinisation. Du même coup, les paysages agricoles fonctionnels peuvent soutenir la biodiversité, en fournissant un habitat important aux espèces sauvages canadiennes. Les régions agricoles au Canada comportent souvent de nombreux types d’habitats, notamment des terres cultivées, des pâturages, des prairies, des forêts, des milieux humides et des plans d’eau, caractérisés par de nombreuses portions de végétation naturelle ou semi-naturelle. La baisse de la capacité des terres agricoles canadiennes à soutenir les besoins en matière d’habitat des espèces est principalement attribuable à la conversion d’aires naturelles en terres cultivées, et à l’intensification de l’agriculture sur les terres agricoles existantes. L’amélioration de la biodiversité sur les terres agricoles est essentielle pour assurer la durabilité des systèmes naturels, maintenir la quantité d’eau et la qualité de l’eau, soutenir les agents pollinisateurs, améliorer l’habitat des espèces sauvages et la connectivité, et permettre aux écosystèmes agricoles de mieux se rétablir après un stress environnemental (p. ex. sécheresse) et de s’y adapter.

Pour atteindre cet objectif, il faut viser une amélioration continue de la gestion des paysages agricoles à plusieurs niveaux. Au niveau de l’exploitation agricole, les agriculteurs canadiens peuvent mettre en œuvre des pratiques qui augmentent la diversité sur leur exploitation, telles que la plantation de brise-vent et l’utilisation de zones tampons riveraines, et intégrer des pratiques telles que la rotation des cultures, la culture en bandes et l’agroforesterie qui améliorent également la production. Les gouvernements municipaux et provinciaux peuvent influencer la biodiversité par le biais de la planification de l’utilisation des terres dans le paysage agricole au sens large, tout en répondant aux pressions continues de la conversion des paysages agricoles, de l’empiètement urbain, des transports, de l’industrie et d’autres utilisations de ces paysages qui ont un impact sur la biodiversité. Le gouvernement fédéral peut continuer à promouvoir la conservation de la biodiversité et à favoriser de meilleures occasions pour les agriculteurs et l’ensemble des Canadiens grâce à la recherche et à l’innovation en agriculture. En même temps, l’industrie peut continuer à développer et à soutenir les technologies et pratiques agro-environnementales qui soutiennent la productivité et la biodiversité - comme les pratiques reconnues par le prix annuel de l’intendance environnementale de la Canadian Cattleman's Association.

L’objectif 7 du Canada est liée à l’objectif d'Aichi mondial suivant dans le cadre du Plan stratégique 2011-2020 pour la diversité biologique de la Convention des Nations Unies sur la diversité biologique :

  • Aichi Objectif 5 - D’ici à 2020, le rythme d’appauvrissement de tous les habitats naturels, y compris les forêts, est réduit de moitié au moins et si possible ramené à près de zéro, et la dégradation et la fragmentation des habitats sont sensiblement réduites.
  • Aichi Objectif 7 - D’ici à 2020, les zones consacrées à l’agriculture, l’aquaculture et la sylviculture sont gérées d’une manière durable, afin d’assurer la conservation de la diversité biologique.

 


Évaluation provisoire des progrès de 2018

En voie deréaliser l’objectif icôneLe Canada est en voie d’atteindre objectif 7. L’un des indicateurs clés utilisés pour évaluer les progrès sur les paysages agricoles exploités est l’indicateur de la capacité d’habitat faunique sur les terres agricoles. Cet indicateur fournit un outil d’évaluation multi-espèces pour comprendre les tendances dans la capacité des paysages agricoles à fournir un habitat. Cette information peut ensuite être utilisée pour éviter une dégradation plus poussée des habitats et encourager des améliorations là où cela est possible.

Récemment, Agriculture et Agroalimentaire Canada a élaboré une version nationale fondée sur l’observation de la Terre de l’indicateur Capacité d’habitat faunique des terres agricoles. L’utilisation de ces données, qui sont recueillies chaque année, permet de produire plus rapidement des rapports et de mieux suivre les changements de la couverture terrestre (habitat) et ses effets possibles sur la biodiversité faunique.

Une évaluation utilisant cette méthode a révélé qu’entre 2011 et 2017, la capacité potentielle d’habitat faunique est demeurée stable dans près de 94 % du paysage agricole canadien, tandis qu’elle a augmenté dans 3 % du paysage. Là où des diminutions de la capacité ont été relevées (sur environ 3 % des terres agricoles), elles étaient associées à une augmentation des cultures annuelles, à l’expansion des empreintes urbaines et à l’expansion de l’agriculture entraînant la perte d’arbustes et de boisés.

Les plans agroenvironnementaux (PA) sont aussi un outil important pour soutenir la biodiversité dans les paysages agricoles exploités. La planification agroenvironnementale est un outil d’autoévaluation volontaire et confidentiel conçu pour aider les agriculteurs à améliorer leur gestion environnementale. Avec l’aide d’experts, les agriculteurs établissent un PA, qui comprend une liste des risques environnementaux liés aux activités agricoles et un plan d’action détaillant les pratiques de gestion bénéfiques (PGB) nécessaires pour atténuer ces risques.

En général, les agriculteurs qui ont établi un PA sont admissibles à du financement pour réduire les risques cernés et mettre en œuvre les PGB applicables. Le coût du financement est partagé en vertu du cadre stratégique fédéral-provincial-territorial pour l’agriculture du Canada, le Partenariat canadien pour l’agriculture. Les PGB admissibles consistent habituellement en l’établissement ou la gestion de zones tampons riveraines et de boisés; la conversion des terres cultivées marginales en couverture permanente; la plantation ou l’entretien de brise-vent et de haies; la fenaison tardive; et la conservation des milieux humides, des zones tampons constituées de milieux humides et des terres naturelles et semi-naturelles, qui soutiennent directement ou indirectement la biodiversité sur les terres agricoles.

Des statistiques plus récentes n’étaient pas disponibles pour le Sixième rapport national du Canada, mais selon l’Enquête sur la gestion agroenvironnementale de 2011, 35 % des fermes au Canada avaient à cette époque un plan agroenvironnemental écrit officiel, ce qui représente 50 % des terres agricoles du Canada. Parmi ces exploitations agricoles, 95 % avaient totalement ou partiellement mis en œuvre les pratiques recommandées dans leur PA.

 

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