Canada Objectif 11

D’ici 2020, les voies d’invasion des espèces exotiques But B envahissantes sont identifiées, et des plans d’intervention ou de gestion fondés sur les risques sont en place dans le cas des voies d’invasion et des espèces prioritaires.


Indicateurs :

 

À propos de l’objectif

Selon l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), les espèces exotiques envahissantes représentent la menace la plus importante pour la biodiversité, après la perte d’habitat. Un nombre croissant d’espèces envahissantes arrivent au Canada et entraînent de graves conséquences écologiques et socioéconomiques. En 2015, les espèces exotiques envahissantes au Canada représentaient au moins 27 % de toutes les plantes vasculaires, 181 insectes, 24 oiseaux, 26 mammifères, 2 reptiles, 4 amphibiens, plusieurs champignons et mollusques, 55 poissons d’eau douce et un nombre inconnu d’espèces non encore été décelées. Il est nécessaire de mieux comprendre comment ces espèces arrivent au Canada, de prendre des mesures pour empêcher leur entrée et d’atténuer leur incidence lorsqu’elles s’établissent au pays.

Les espèces exotiques envahissantes sont des espèces végétales et animales ou des microorganismes qui se sont établis dans des milieux hors de leur aire de répartition naturelle passée ou actuelle, et qui sont nuisibles parce que leur introduction ou leur propagation menace l’environnement, l’économie ou la société. Parmi les exemples les plus connus au Canada, on compte la salicaire commune, la maladie hollandaise de l’orme, le crabe vert, la moule zébrée et l’agrile du frêne. Puisque les espèces exotiques envahissantes peuvent ne pas avoir d’ennemis naturels dans leur nouvel environnement, leur population peut augmenter sans cesse et causer d’importants dommages à l’habitat et aux sources de nourriture des espèces indigènes. Les espèces exotiques envahissantes peuvent ainsi avoir des répercussions sur les économies et les collectivités régionales dont le mode de subsistance dépend des écosystèmes et des espèces touchées.

Les espèces exotiques envahissantes sont introduites par les activités humaines, de manière accidentelle ou intentionnelle, par voie aérienne, terrestre ou aquatique. Pour lutter contre les espèces envahissantes, il faut déterminer la voie d’entrée, c’est-à-dire la route empruntée pour envahir de nouvelles régions, et la bloquer. Les espèces exotiques envahissantes arrivent souvent « clandestinement » par l’intermédiaire de biens importés (p. ex. fruits) et de différents moyens de transport (p. ex. dans la cale de navires); il peut aussi s’agir de maladies touchant les espèces sauvages. Un des principaux buts de l’objectif 11 et de la Stratégie nationale sur les espèces exotiques envahissantes est d’empêcher l’introduction et l’établissement de telles espèces.

L’objectif 11 du Canada est liée à l’objectif d'Aichi mondial suivant dans le cadre du Plan stratégique 2011-2020 pour la diversité biologique de la Convention des Nations Unies sur la diversité biologique :

  • Aichi Objectif 9 - D’ici à 2020, les espèces exotiques envahissantes et les voies d’introduction sont identifiées et classées en ordre de priorité, les espèces prioritaires sont contrôlées ou éradiquées et des mesures sont en place pour gérer les voies de pénétration, afin d’empêcher l’introduction et l’établissement de ces espèces.

 


Évaluation provisoire des progrès de 2018

En voie deréaliser l’objectif icôneLe Canada est en voie d’atteindre l’objectif 11 grâce aux efforts collectifs de tous les gouvernements visant à déterminer les voies d’entrée hautement prioritaires des espèces envahissantes au Canada, à améliorer les cadres de réglementation nationaux et régionaux et à lancer des efforts d’éducation et de sensibilisation pour réduire l’introduction et la propagation des espèces exotiques envahissantes.

En général, les voies d’introduction des EEE au Canada sont maintenant bien comprises. Par exemple, l’eau de ballast est considérée comme une voie prioritaire pour les espèces aquatiques. Par conséquent, le Canada a renforcé le régime de réglementation des eaux de ballast et élabore des modifications à ces règlements pour aider à mettre en œuvre la Convention internationale pour le contrôle et la gestion des eaux de ballast et sédiments des navires, qui est entrée en vigueur en 2017.

Depuis 2014, le Canada a continuellement renforcé son cadre de réglementation national pour prévenir et contrôler les espèces envahissantes.

Le Règlement sur les espèces aquatiques envahissantes a été établi pour fournir un ensemble d’outils réglementaires en vertu de la Loi sur les pêches du gouvernement fédéral. Il vise à prévenir l’introduction d’espèces aquatiques envahissantes dans les eaux canadiennes et à contrôler et gérer leur établissement et leur propagation, une fois qu’elles sont introduites. Il complète les pouvoirs fédéraux et provinciaux existants et est mis à jour régulièrement. De nombreuses administrations ont également des stratégies ou des règlements pour prévenir, détecter et éliminer les espèces envahissantes (p. ex., Manitoba, Colombie-Britannique, Alberta, Ontario, Québec). Il s’agit, par exemple, de programmes d’inspection obligatoire des embarcations et de programmes d’éducation du public qui ciblent les plaisanciers (p. ex., « laver-drainer-sécher ») et l’industrie des pêcheurs à la ligne et des aquariums (p. ex., « ne le relâchez pas ») visant à freiner la propagation des espèces aquatiques envahissantes. Les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux, ainsi que d’autres partenaires, travaillent également ensemble dans le cadre de cadres de collaboration pour mettre un terme à la propagation transfrontalière des espèces aquatiques envahissantes.

Des plans nationaux sont également en cours d’élaboration pour les espèces prioritaires comme la carpe asiatique, l’agrile du frêne et la moule zébrée, tandis que des recherches sont en cours pour éclairer l’élaboration de stratégies de lutte biologique pour les espèces exotiques envahissantes établies.

Un certain nombre d’organismes fédéraux travaillent ensemble sur les EEE. Par exemple, l’Agence canadienne d’inspection des aliments s’efforce d’atténuer les risques pour les ressources végétales canadiennes découlant des importations. De plus, l’Agence des services frontaliers du Canada exerce des fonctions essentielles comme l’inspection des matériaux (p. ex., emballage en bois, marchandises en présence de sol) et la certification des exportations de produits clés et elle collabore avec des partenaires nationaux et internationaux pour gérer les risques associés à l’expédition.

Les gouvernements provinciaux et territoriaux prennent également des mesures pour lutter contre les espèces exotiques envahissantes. Un certain nombre de ces gouvernements, dont l’Ontario, le Manitoba et le Québec, ont adopté des lois ou des règlements pour lutter contre les espèces envahissantes. De plus, l’Ontario et la Colombie-Britannique ont mis en place des plans stratégiques pour améliorer leurs capacités de détection précoce et d’intervention rapide.

Un certain nombre d’efforts régionaux complètent ces initiatives. Par exemple, la Western Inter-Provincial-Territorial Agreement for Coordinated Regional Defense Against Invasive Species (accord interprovincial-territorial sur la défense régionale coordonnée contre les espèces envahissantes de l’Ouest ) a été signée par la Colombie-Britannique, l’Alberta, la Saskatchewan, le Manitoba et le Yukon en 2016, et  le Canada et les États-Unis ont mis à jour l’Accord relatif à la qualité de l’eau dans les Grands Lacs en 2012 pour y ajouter de nouvelles dispositions visant les espèces aquatiques envahissantes, y compris la détection précoce et l’intervention rapide, un programme de déversement des eaux de ballast et des évaluations des risques pour identifier les espèces à risque élevé.

La coopération à l’échelle nationale demeure forte à cet égard. Tout récemment, en 2017, les ministres fédéraux, provinciaux et territoriaux responsables de la conservation, de la faune et de la biodiversité ont approuvé la création d’un Comité national permanent sur les espèces exotiques envahissantes qui s’emploiera à améliorer la prévention et la gestion des EEE au Canada.

Des conseils multisectoriels et multilatéraux ont été établis dans la plupart des provinces et des territoires. Le Conseil canadien sur les espèces envahissantes a pris des mesures pour accroître la sensibilisation et l’éducation à l’échelle nationale et régionale afin de changer les comportements et de réduire les voies de propagation des espèces envahissantes. Ces efforts visent notamment les plaisanciers, les pêcheurs à la ligne et l’industrie des animaux de compagnie et des aquariums.

Toutefois, il reste encore du travail à faire. Les EEE demeurent une menace sérieuse pour la biodiversité, l’économie et la santé humaine au Canada. Des efforts soutenus et accrus sont nécessaires pour améliorer la surveillance, les diagnostics et les mesures d’intervention en cas d’urgence, pour assurer la mise en œuvre complète de plans d’intervention et de gestion et pour examiner les nouvelles voies pour la dispersion transfrontalière depuis les États-Unis. La participation, la collaboration et la sensibilisation accrues à l’échelle internationale ainsi que la conformité aux politiques et aux règlements sont essentielles à la gestion des espèces envahissantes à l’échelle mondiale.

 

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